RDC : L’après forum de réconciliation des katangais, Kabila le grand gagnant

Le salon de la petite maison blanche de la colline de  Kashamata ne désemplit pas. Joseph Kabila reçoit à tour de bras après le forum de réconciliation des katangais. Les premiers à franchir son portail sont les députés et sénateurs ”toutes tendances confondues”, expression tirée du lexique politique congolais. S’il y avait bien du beau monde dans la petite maison isolée, les projecteurs eux étaient  plutôt braqués sur les parlementaires du parti Ensemble de Moïse Katumbi, assis à côté de ceux du Front commun pour le Congo (FCC). Et pourtant il y a peu, ils étaient à couteaux tirés. S’ils étaient là officiellement pour célébrer la fraternité retrouvée, les plus avisés des observateurs savent qu’ils n’étaient  pas là  pour parler de la pluie et du beau temps. Il est fort probable qu’entre le fromage et le foie gras, le sujet de conversation portait sur un avenir commun fort probable.

Au lendemain de cette visite des politiques, ce sont les grands chefs coutumiers du grand Katanga qui ont pris place dans les fauteuils de celui qu’on appelle encore Raïs alors qu’il n’est plus président de la république. Ce sont les représentants des jeunes du Katanga démembrés qui achèveront les allées et venues ostensibles. D’autres ballets se feront avec une certaine discrétion.

Kabila redore son blason

Pas besoin d’être sorcier du village pour savoir que dans le nouveau casting politique, Joseph Kabila s’est adjugé le plus beau rôle. Celui de rassembleur et surtout de faiseur de rois. Le président honoraire redore ainsi son blason terni auprès de ses frères et sœurs. Ceux-ci lui reprochaient d’avoir ”passé le pouvoir à  l’ennemi”. De longue date, katangais et kasaïens dont fait partie Félix Tshisekedi se regardent en chiens de faïence. Des épisodes sanglants marquent l’histoire de ces deux peuples comme celui de 1992. Ce qui explique que les katangais avaient vu d’un très mauvais œil que ce soit le fils du sphinx de Limete qui prenne le pouvoir.

Pour eux, c’est Kabila qui était à la manœuvre pour attribuer la victoire à Fatshi. Beaucoup lui ont gardé une dent pour cela. La seule façon qui lui restait pour se faire pardonner auprès de ces frères, c’est de faire en sorte de remettre un autre katangais sur la chaise présidentielle. Ce à quoi il semble jouer pour l’instant avec brio. Mais difficile à dire s’il joue franc-jeu ou s’il est dans ce qu’il raffole le plus, provoquer le suspense à la Hitchcock. De manière presque unanime, les katangais lui font des appels pressants pour qu’il mette Moïse Katumbi le pied à l’étrier. Mais rien n’exclut que Kabila fasse volte-face en dernière minute. Et qu’il joue une fois de plus la carte Félix Tshisekedi lors de la prochaine présidentielle.

Pour Moïse Katumbi, les bénéfices restent à calculer

En clair, cette réconciliation entre katangais n’est pas encore une sortie d’auberge pour Moïse Katumbi. Car, celui-ci certainement, aura perdu quelques sympathisants qui tiennent en grippe le sénateur à vie. Rien n’indique pas non plus que l’ancien gouverneur du Katanga se soit fait des amis supplémentaires dans le grand nord de la province cuprifère. Le peuple Luba qui habite cette partie du Katanga se montre  bien souvent réticente envers lui. Même s’il faut le dire, sa dernière visite à Kamina était couronnée d’un grand succès.

Pour faire court, il y a lieu de dire que pour l’instant, c’est Joseph Kabila qui a su tirer les marrons du feu. Pour Moïse Katumbi, les bénéfices sont à calculer plus tard.

En attendant ce que nous réserve l’avenir, les membres du FCC et ceux du parti Ensemble préparent fièrement un match de football amical. Il pourrait avoir lieu ce week-end. On verra bien qui l’emportera. Peut-être qu’un match nul arrangerait bien l’affaire des uns et des autres.


Magazine La Guardia / Provinces26rdc.net

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