Depuis le 28 mars dernier, les adaptes de Bundu dia Mayala ou dia Kongo, c’est bonnet blanc, blanc bonnet, se livrent à des actes d’incivisme qui frisent la rébellion face à l’ordre public établi. Ils ont commencé à Kinshasa par braver la police et le bilan de ce samedi 28 mars était inutilement de 4 morts. Dans plusieurs contrées du Kongo central, ces adaptes s’attaquent aux policiers et aux non-originaires causant malheureusement des morts, pour obliger l’Etat congolais à répondre favorablement aux revendications de leur «chef spirituel». En effet, Ne Muanda Nsemi déclare à qui veut l’entendre que l’Assemblée nationale lui doit 18 mois d’émoluments et les indemnités de sortie. Il crie même à l’injustice à son endroit, évoquant le cas de Jean-Pierre Bemba à qui le Sénat a payé tous les émoluments pendant tout le temps de son emprisonnement à la Cour Pénale Internationale (CPI), à La Haye aux Pays-Bas.
Et d’après le leader de Bundu dia Mayala, si ses émoluments lui sont payés et que l’on lui ajoute trois tracteurs, il va quitter Kinshasa avec ses hommes pour s’adonner avec eux à l’agriculture dans son Luozi natal et oublier les méandres politiques. Mais seulement, Ne Muanda Nsemi est du coup contredit par son ancien disciple, Papy Mantezolo. Intervenant sur les antennes de Top Congo FM, ce député national de Luozi confirme que son ancien maître a bel et bien bénéficié de tous ses émoluments pendant tout le temps de sa détention à la prison de Makala et de sa clandestinité après son évasion.
«Même si certaines de ses revendications sont fondées, cela ne justifie pas que les gens puissent être la chair à canon. Lorsque l’honorable Ne Muanda Nsemi a été arrêté à Makala, il a fait une procuration en faveur de Me Serge Mayamba, à cette époque-là député national, qui récupérait les émoluments à son nom. Et donc, 18 mois après, nous sommes intervenus auprès du comité des sages pour que Serge Mayamba puisse donner une partie de ces émoluments à la famille de Ne Muanda Nsemi qui faisait des bruits et le comité des sages a écouté notre requête et à partir du 19ième mois, la famille de Ne Muanda Nsemi a bénéficié de 50% de ses émoluments. S’il a des réclamations, il n’a qu’à voir Me Serge Mayamba à qui il avait donné la procuration», témoigne Papy Mantezolo.
Contacté vite par Scooprdc.net, Me Serge Mayamba confirme qu’il percevait chaque mois les émoluments du père spirituel de Bundu dia Mayala et les envoyer à une direction qu’il lui avait lui-même indiquée.
« Ce que Ne Muanda Nsemi réclame maintenant n’est pas exact. Et même si c’était le cas, quand on réclame ses émoluments, on va au Palais du peuple où l’Assemblée nationale a une administration. On ne réclame pas ses émoluments en chassant les baluba, les Bangala et les autres de la province du Kongo central. S’il a des réclamations, il doit les orienter autrement. Parler des émoluments non payés, c’est faux parce qu’il les percevait à travers moi. Quant aux indemnités de sortie, il avait opté, à l’instar de beaucoup de députés, pour une Nissan Hard Body que l’honorable Papy Mantezolo avait retirée auprès de la société Congo Motors. Et ce véhicule était remis aux bons soins de son épouse par Mantezolo à ma présence», explicite Serge Mayamba.
Pour l’ancien député de la Tshangu, le problème de Ne Muanda Nsemi est tout autre : il a besoin d’une assistance financière. «Nous devons tout simplement suivre le conseil de l’honorable Franck Diongo qui nous a tous dit que le vieux a besoin d’être assisté. Et lui-même Ne Muanda Nsemi a dit que son neveu, le président de la république Félix Tshisekedi, ne s’occupait pas de lui. Donc son problème est tout autre, mais on revendique pas de cette façon», déplore Serge Mayamba.
Certains observateurs estiment Ne Muanda Nsemi a disjoncté, qu’il n’est plus lucide et qu’il lui faille un traitement psychique et psychiatre. Mais ses adeptes hypnotisés ne l’entendront malheureusement pas ainsi. Ce qui est dommage !
Complicité ou impuissance: le gouvernement en pourparlers avec Ne Muanda Nsemi
Le gouvernement est en pourparlers avec le mouvement politico-religieux Bundu dia Mayala. À en croire le député Nsimba Modero, partie prenante à ces pourparlers, les adeptes de Bundu dia Kongo et Bundu dia Mayala ont été reçus au plus haut sommet, notamment par le VPM de l’Intérieur et Sécurité, le conseiller spécial du président de la République en matière de sécurité …
Au cours de ces échanges au plus haut niveau, les adeptes de Zacharie Badiengila, alias Ne Muanda Nsemi, ont déposé un cahier des charges reprenant, entre autres revendications, la libération de 37 partisans en détention à la prison militaire de Ndolo (35 prisonniers et 2 à Makala); leur implication dans la gestion du pays; la réhabilitation de la résidence du gourou de leur mouvement mystico-politico-religieux.
Selon les dires du député Nsimba Modero, sous 48 heures, le gouvernement est sur le point de donner des réponses idoines à ces revendications. Le VPM Gilbert Kankonde a juste rappelé à Ne Muanda Nsemi et ses hommes la nécessité de respecter la loi sur les partis politiques.
Ce qui est assez curieux comme révélations ! Mais pourquoi Ne Muanda Nsemi fait-il trop peur aux pouvoirs publics? Quelqu’un qui est à la base des troubles ayant causé mort d’hommes pouvait-il bénéficier de ce privilège d’être invité à la table de négociations jusqu’à débobiner ses revendications qui sont aujourd’hui à l’étude?
En plus de ces troubles à l’ordre public, ne perdons pas de vue que Ne Muanda Nsemi s’est déjà autoproclamé « président de la République » dans sa résidence de Macampagne. Fait gravissime qui remet en cause l’ordre institutionnel mis en place après les élections du 30 décembre 2018.
Mais quel est le deal avec Ne Muanda Nsemi? C’est quoi exactement? Le gouvernement doit dire toute la vérité sur l’affaire Ne Muanda Nsemi.
Évadé de prison, il entre en clandestinité pendant un an. Il recouvre sa liberté à la faveur du nouveau pouvoir qui le gracie. À son retour, l’homme promet d’œuvrer pour la paix. Mais depuis, c’est tout le contraire qu’il fait. Mais Ne Muanda Nsemi n’est jamais inquiété. Tout est minimisé ou soupeser dans le cas Ne Muanda Nsemi, on ne sait trop pourquoi.
Complicité ou impuissance de l’État à sévir contre un récidiviste ?
Le Potentiel /Scoop RDC /provinces26rdc.net
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