Le refrain devient habituel lors de grands rassemblements publics. Comme au stade des Martyrs quand les Léopards jouent à domicile, la même musique a été chantée en chœur à l’esplanade du Palais du Peuple par de nombreux jeunes devant le chef de l’État alors que celui-ci saluait la bravoure de l’équipe nationale revenue le même jour du Mexique après la qualification au Mondial américain.
« Libérez Mutamba », « libérez Mutamba », « libérez Mutamba », le message est passé. A-t-il agacé le chef de l’État. Difficile de le dire mais néanmoins il a pris acte. Fatshi (Félix-Antoine Tshisekedi) a apaisé ces jeunes visiblement déchaînés en leur signifiant qu’il a entendu. Bien sûr qu’il a écouté leur voix, leur revendication même si ce n’était pas le cadre approprié mais le message est tout de même passé.

Cette insistance des jeunes à réclamer Mutamba à chaque fois qu’ils croisent le président est la preuve que le jeunot emprisonné dans le dossier de détournement d’un projet de construction d’une prison à Kisangani, a pris une autre dimension dans l’opinion.
Les exemples sont légion. Bien avant la qualification des Léopards, le chef de l’État s’était fait interpeller à l’université pédagogique nationale. À l’inauguration de nouveaux bâtiments de cette alma mater, le nom de Mutamba avait été résonné plusieurs fois.
Des mois se sont écoulés depuis sa condamnation mais son nom n’est pas effacé dans la mémoire des Congolais. Des vidéos devenues virales montrent des jeunes courant sous la pluie citant le nom de Mutamba juste au coup de sifflet final du match de barrage opposant la RDC à la Jamaïque. Au-delà de l’euphorie, le jeune leader reste présent sur la scène comme si la cellule où il est reclus, ne l’a pas effacé de la mémoire de la population congolaise.
Aujourd’hui, Mutamba a franchi un autre palier. On peut le taxer de populiste mais le seul enseignement à tirer est sans équivoque : la population aura été marquée positivement par son passage au ministère de la Justice. Ses méthodes fortes pour déraciner la corruption dans un secteur sensible de la vie nationale ont fait de lui l’avocat des faibles, le porte-voix des sans voix. Aux yeux de jeunes, Mutamba incarne l’espoir d’un changement radical. Cependant, il doit lui-même d’abord se remettre en cause. S’il est tombé dans le filet de la même justice dont il a combattu les tares, il doit s’empêcher de comportements déviants. Il est contraint de corriger les erreurs de jeunesse et tracer une nouvelle orientation de sa vie politique.
Dans les faits, l’ex-garde des Sceaux a grappillé de bons points. Lui-même se voit sur les traces de Lumumba et d’Étienne Tshisekedi. De la prison, le leader NOGEC aura du baume au cœur.
Loin de nos terres déjà, le célèbre musicien reggae ivoirien, Tiken Jah Fakoly avait aussi poussé, à travers une chanson culte, les Congolais à se ranger derrière ce jeune qui incarne, à ses yeux, l’avenir d’un pays au sous-sol riche mais avec une population qui croupit dans la misère. Mutamba est appelé à capitaliser tous ses soutiens et surtout à changer de fusil d’épaule. À sa sortie de la prison, il ne peut être qu’un homme nouveau, doté d’un nouvel esprit car la prison conseille mieux que quiconque.



Ouragan / Provinces26rdc.com
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