RDC : Patrick Muyaya “L’état de siège n’est pas du tout un échec”

Instauré depuis le mois de mai 2021 dans les provinces de l’Ituri et Nord-Kivu en République démocratique du Congo, l’état de siège a totalisé un an depuis sa proclamation par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans le but de ramener la paix dans cette partie de l’Est du pays. Un an après, le bilan de cette mesure exceptionnelle est jugé négatif au sein de l’opinion publique congolaise en général, et des provinces concernées en particulier.

Parmi ceux qui qualifient d’échec de cet état de siège se trouvent également les élus nationaux des provinces concernées qui ont d’ailleurs boycotté la dernière séance plénière ayant autorisé la prorogation de cette mesure à l’Assemblée nationale. Cependant, pour le gouvernement de la RDC, l’état de siège n’est pas du tout un échec.

« L’état de siège n’est pas un échec pas du tout parce que il faut bien situé la question dans son contexte. Vous savez qu’il fait au moins 20 ans qu’ il y a eu des violences dans cette partie du pays. Mais le Président de la République dès son arrivée aux responsabilités, il a pris l’engagement de ramener la paix dans cette partie du pays. L’état de siège est un mécanisme prévu constitutionnellement lorsqu’une partie de la sécurité du territoire est menacée, le Président de la République a recouru à cette décision qui est d’ailleurs la première décision que j’ai annoncée en tant que porte-parole du gouvernement. Parce que cela venait matérialiser son souci de ramener la paix dans cette partie du territoire national. », a indiqué Patrick Muyaya Katembwe, ministre de la communication et des médias et porte-parole du gouvernement invité dans le Journal de TV5 Afrique.

Des points positifs à encourager

À l’en croire, il y a des points positifs à retenir de cette mesure notamment au niveau de l’administration des provinces concernées grâce à l’apport des militaires, malgré la persistance des tueries qui est, selon Patrick Muyaya, liée au fait qu’étant en débandade suite à la presse des FARDC, les groupes armés s’en prennent à la population en représailles.

« Aujourd’hui une année après, évidemment nous comprenons les peines de nos populations, et nous comme gouvernement nous ne pouvons pas nous satisfaire dès lors que du fait des opérations militaires que nous avons intensifié, du fait des opérations conjointes que nous menons avec les Ougandais, que ces ADF et ces autres forces négatives s’en prennent à la population en représailles. Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’un seul Congolais qui décède dans ces conditions. Mais pour nous l’état de siège nous a permis d’avoir un tableau de bord, de bien circonscrire des objectifs qui sont militaires des objectifs qui sont liés et y compris même à l’existence de l’État dans cette partie du territoire national. Aujourd’hui, par exemple, on a eu un conseil des ministres où le ministre des finances nous a montré le grâce à l’état de siège les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu ont contribué à plus de 100 % des prévisions initialement prévues », a-t-il expliqué.

“Nous n’avons jamais dit au démarrage de l’état de siège que l’état de siège mettrait automatiquement fin aux tueries…”

Abordant la question du bilan de l’État de siège sur l’aspect sécuritaire qui constitue d’ailleurs le mobile de son instauration, le ministre Patrick Muyaya Katembwe rappelle que l’état de siège n’est pas venu stopper automatiquement l’insécurité, mais cela se fera progressivement. « C’est vrai que la tâche principale c’est la sécurité. Nous nous y attelons, mais je pense que nous n’avons jamais dit au démarrage de l’état de siège que l’état de siège mettrait automatiquement fin aux tueries et à la situation de l’insécurité », a-t-il martelé à TV5 Afrique.

S’agissant du bilan en termes de groupes armés réduits au silence grâce à cet état de siège, une année après son instauration, le porte-parole du gouvernement congolais s’est montré plutôt réservé, mais estime tout de même que le travail sur terrain présente des résultats louables, notamment la récupération de plusieurs parties desdites provinces jadis occupées par les groupes. Pour lui, rien ne peut stopper la détermination du gouvernement de la RDC et du Président Tshisekedi à ramener la paix dans l’Est du pays.

« La question telle que vous la poser vous ne pouvez pas avoir des réponses claires, parce que les groupes il faut commencer par les identifier. C’est pour ça que les consultations de Nairobi ont commencé, nous en parlerons. Les groupes armés y participent parce qu’ils attendaient cette occasion. Si vous allez dans le Nord-Kivu vous allez voir qu’aujourd’hui il y a plus de 5000 démobilisés qui attendent le programme de DDRCS. Aujourd’hui, il y a une seule chose, une seule volonté qui anime le gouvernement c’est de ramener la paix dans cette partie du territoire national. Et l’administration militaire nous a permis d’enregistrer des progrès notamment d’ordre opérationnel parce qu’il ne faut pas oublier qu’on a récupéré plusieurs territoires qui étaient jadis occupés par les forces négatives. Aujourd’hui il n’existe pas de bastions des ADF. Vous connaissez la suite des opérations que nous avons mené avec les les Ougandais, mais par contre en représailles, comme il est toujours d’habitude de ces terroristes, ils s’en prennent à la population et il donnent l’impression que l’insécurité devient plus grande justement parce que c’est dans leur stratégie de répandre à la terreur. Leur stratégie de terreur n’ébranlera en rien la détermination du président de la République et de tout le gouvernement de mettre fin une fois pour toute à cette situation », a poursuivi le ministre Muyaya.

« Je vous l’ai dit tout à l’heure parce que les bénéfices palpables pour la population c’est aussi de comment les provinces sont administrées. Nous revenons de l’Ituri avec le premier ministre où nous étions en avril dernier pour faire le point. Nous avons rencontré les couches de la société civile. Il y a beaucoup de problèmes économiques qu’il y a moins de conflits, par exemple ethniques dans la province du Nord-Kivu, parce que justement il y a une approche différente apportée par les militaires. Ça, c’est au plan administratif. Sur le plan sécuritaire nous ne pouvons jamais nous satisfaire tant qu’il y a un seul Congolais qui décédera des coups de feu de ces forces négatives que nous combattons avec la dernière énergie. Il ne faut pas oublier qu’il existe la MONUSCO dans ce pays depuis plus de 20 ans, qui était censé travailler aux côtés de la RDC pour apporter des solutions. Aujourd’hui vous pouvez aussi avoir en Afrique la seule mission onusienne qui travaille en étroite collaboration avec un gouvernement. C’est bien la MONUSCO en République démocratique du Congo. Nous pensons aujourd’hui avoir la plate-forme qui nous permettra dans un délai d’arriver à des solutions escomptées, finalement le retour de la paix dans cette partie du territoire national. Nous y croyons, n’en déplaise à certains qui malheureusement vivent de ces comptages macabres de nos populations depuis plusieurs années. », a-t-il soutenu.

Les consultations de Nairobi, un acquis pour espérer enfin au retour définitif de la paix en Ituri et au Nord-Kivu

Il a dit, par ailleurs, espérer également dans le processus de paix entamé avec les groupes armés grâce à l’implication des chefs d’États de la région au travers leur conclave qui a abouti au lancement des consultations entre le gouvernement congolais et les groupes armés et dont la première phase s’est achevée sur une note satisfaisante le 21 Avril dernier.

« À ce stade, on a terminé la première phase de consultations à la suite du communiqué qui a sanctionné le deuxième conclave des chefs d’États de la communauté des États d’Afrique de l’Est le 21 Avril dernier. Il y a une deuxième vague de consultations qui va se poursuivre avec tous les groupes armés qui, vous l’avez sûrement suivi ont eu l’occasion d’écouter le Président de la République, et tous ont manifesté la volonté de déposer les armes et d’entrer immédiatement dans le processus de désarmement et de démobilisation, et réinsertion communautaire parce qu’il est hors de question d’amener les membres ces groupes armés dans les effectifs de l’armée comme c’était le cas par le passé. », a-t-il souligné.

« Il y a une deuxième vague qui va se faire avant la fin du mois avant que les Chefs d’États ne se retrouvent encore une fois en conclave. Parce qu’il sera question cette fois-là de faire le point du volet politique qui a été entamé sous la direction du président Tshisekedi et on verra en ce moment là s’il y a des groupes qui sont réticents à cette démarche de la paix. Il y a une force conjointe des forces armées de la communauté des États de l’Afrique de l’Est qui va se charger de répondre par la force à ceux qui seront réfractaires à ce processus de paix. Et nous pensons que cela combiné avec les efforts de l’État de siège en interne, vous avez parlé tout à l’heure de l’idée de la table ronde, parce justement le Président de la République pour le besoin de sécurité, on a besoin de consolider le processus consultatif notamment pour que les efforts combinés au niveau régional et les efforts combinés au niveau national nous permettent d’avoir un horizon qui amène la paix, une paix alors de manière durable dans cette partie de la République démocratique du Congo. », a conclu le porte-parole du gouvernement congolais Patrick Muyaya.


MNCTV Congo / Provinces26rdc.net

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