L’économiste politique et chancelier de l’Université Lumumba, Jo Sekimonyo, estime que le véritable problème de la Constitution congolaise ne réside pas uniquement dans son contenu, mais dans la faiblesse des mécanismes permettant de contraindre les institutions à respecter les obligations qu’elle impose.
Dans une longue tribune consacrée au débat sur la révision constitutionnelle en République démocratique du Congo, l’universitaire critique le silence observé par la Présidence de la République, l’Assemblée nationale et le Sénat face aux pétitions citoyennes qu’il affirme avoir introduites entre octobre et novembre 2024.
Selon lui, ces pétitions portaient notamment sur la révision de la Constitution, la gouvernance économique, les réformes électorales, la dédollarisation du secteur public ainsi que la crise humanitaire dans l’Est du pays.
Jo Sekimonyo soutient que l’article 27 de la Constitution oblige les autorités publiques à répondre aux pétitions citoyennes dans un délai de trois mois. Toutefois, il affirme n’avoir obtenu aucune réponse des institutions concernées, malgré l’enregistrement officiel de ses requêtes.
Face à ce silence, il indique avoir saisi la Cour constitutionnelle de la RDC le 16 février 2026, afin de faire constater ce qu’il considère comme une violation d’un droit constitutionnel.
Dans son analyse, l’universitaire reproche à la haute juridiction de s’être déclarée incompétente sans se prononcer sur le fond du dossier, laissant ainsi, selon lui, sans réponse la question de savoir si le silence des institutions face aux pétitions citoyennes constitue ou non une violation de la Constitution.
Pour Jo Sekimonyo, cette décision soulève des interrogations majeures sur l’effectivité des droits constitutionnels et sur la capacité des citoyens à obtenir le respect des obligations imposées aux détenteurs du pouvoir.
L’économiste estime que cette affaire dépasse le simple cadre juridique et met en lumière les limites du fonctionnement démocratique des institutions congolaises. Il considère notamment que le droit de pétition constitue un mécanisme essentiel de participation citoyenne et de contrôle démocratique entre deux cycles électoraux.
Dans sa réflexion, il soutient également que les débats actuels sur la révision constitutionnelle devraient intégrer les dimensions liées à l’économie politique, à la gouvernance publique et à la circulation des revendications citoyennes vers les centres de décision.
Selon lui, une Constitution ne tire pas uniquement sa force des droits qu’elle proclame, mais aussi de l’existence de mécanismes capables de rendre ses dispositions réellement opposables aux gouvernants.
L’universitaire affirme par ailleurs que plusieurs réformes aujourd’hui discutées dans l’espace public figuraient déjà dans un projet de révision constitutionnelle qu’il avait transmis aux institutions du pays dans le cadre de ses pétitions citoyennes.
À travers cette tribune, Jo Sekimonyo appelle ainsi à recentrer le débat constitutionnel sur la question de l’effectivité du contrôle des institutions et du respect des obligations prévues par la Constitution elle-même.
Opinion Info / Provinces26rdc.com
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