RDC SEMLEX : La production de passeports de services et diplomatiques suspendu !

Les passeports biométriques de services et diplomatiques ne sont plus produits depuis quelques semaines en Rd Congo. La société SEMLEX, prestataire exclusif, réclamerait du gouvernement congolais des arriérés des frais de contre-partie à la délivrance, à titre gratuit, de ces types de documents de voyage au profit des agents de l’État. La facture s’élèverait à plus de deux millions de dollars.

Dans les couloirs du ministère des affaires étrangères à Kinshasa, le dossier est commenté dans tous les sens.

« Il nous semble qu’il s’agit d’une forme de pression de la part de SEMLEX qui souhaite voir le gouvernement payer ses factures relatives à la délivrance des passeports pour les officiels. Considérant l’accumulation des arriérés, elle aurait suspendu la production de ces documents de voyage jusqu’à ce que ses factures soient payées», a estimé un administratif des Affaires étrangères.

D’après une source crédible, le ministère des Affaires étrangères avait déjà sollicité la mise à disponibilité de fonds pour apurer cette dette de SEMLEX. Cependant, apprend-on, la priorité aura été réservée aux dépenses de l’État liées aux opérations électorales de décembre 2018.

De nombreux analystes estiment qu’il est plus qu’urgent que le président de la République, Félix Tshisekedi instruise au gouvernement, par dérogation expresse, afin de lui permettre d’engager et de liquider cette dépense.

« Le chef de l’État devrait déroger à sa mesure conservatoire pour décanter cette situation qui risque de pénaliser le fonctionnement de l’appareil de l’État», a commenté Marc Matondo, un analyste politique.

En cette période de passation de pouvoir au sein des institutions de l’État (de la présidence de la République aux assemblées provinciales en passant par le gouvernement et le Parlement), le besoin de délivrance des passeports diplomatiques et de services ira grandissant.

« Autant SEMLEX exerce son droit légitime pour exiger au gouvernement d’honorer ses engagements financiers, autant nous recommandons au nouveau président de la République, Félix Tshisekedi, d’envisager la relecture des termes du contrat d’exclusivité liant cette société à l’État congolais. Pourquoi ne pas corriger le déséquilibre criant au profit d’un groupe de privés?», s’est interrogé un autre agent de l’administration sous l’anonymat.

L’article 14 du contrat stipule que la validité et la continuité du contrat ne pourront être affectées par aucun changement institutionnel en République démocratique du Congo.

Dans l’hypothèse de résiliation, l’État congolais pourrait-il évoquer la clause de souveraineté ?

Si cette question reste entière, le peuple congolais paye l’un des passeports le plus chers du monde. Et ce, à la faveur d’un contrat décrié signé le 11 Juin 2015 pour une durée de 5 ans. Son coût d’investissement est de 222 millions USD.

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