Les journalistes et agents de l’antenne locale de la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC) à Kananga, au Kasaï-Central, traversent une crise profonde, marquée par des salaires impayés depuis 15 mois et des allégations de recrutements irréguliers. Cette situation, qualifiée de « catastrophique » par des sources internes, met en lumière des dysfonctionnements administratifs persistants et des tensions entre l’administration provinciale et la direction générale à Kinshasa.
Selon plusieurs employés, sous couvert d’anonymat, les agents de la RTNC Kananga n’auraient pas perçu leurs salaires depuis 15 mois, plongeant nombre d’entre eux dans une précarité extrême. « Nous travaillons sans être payés, certains collègues ont du mal à nourrir leurs familles ou à payer les frais scolaires de leurs enfants », déplore un journaliste.
Les employés estiment que cette situation découlerait d’un problème de reconnaissance administrative : une partie du personnel, recrutée sous les mandats successifs des précédents directeurs provinciaux, ne serait pas officiellement enregistrée auprès de la direction générale de la RTNC à Kinshasa. Ces « nouvelles unités », comme elles sont désignées en interne, seraient ainsi exclues des listes de paiement.
Des recrutements contestés : fraude ou mauvaise gestion ?
Des sources internes évoquent une multiplication des embauches irrégulières au fil des années, chaque directeur provincial ayant, selon elles, procédé à des recrutements sans validation centrale. « Certains employés sont là depuis des années, mais Kinshasa refuse de les régulariser, car leurs dossiers n’ont jamais été transmis ou approuvés », explique un agent administratif.
Face à cette crise, les employés impayés réclament l’intervention urgente du gouvernement congolais pour auditer les effectifs, régulariser leur situation et exiger le paiement des arriérés. « Nous demandons à l’État de prendre ses responsabilités. La RTNC est une institution publique, elle ne peut pas fonctionner ainsi », insiste un syndicaliste local.
Le directeur provincial contredit les allégations
Contacté par notre rédaction, William Kalala, directeur provincial de la RTNC Kananga depuis 2023, a fermement démenti ces accusations.
Sur les recrutements frauduleux : « Depuis mon engagement comme journaliste en 2003, puis ma nomination comme directeur, aucune nouvelle équipe n’a été recrutée. Quand j’ai pris mes fonctions, j’ai trouvé près d’une centaine d’agents déjà en poste de collaborateurs extérieurs. Le niveau provincial n’a pas le pouvoir d’embaucher, c’est Kinshasa qui gère les recrutements ».
Sur les 15 mois de salaires impayés : « C’est un mensonge bien préparé. Les agents engagés sont payés régulièrement. Il n’y a eu qu’un léger retard pour le mois de juillet, réglé le 9 août, soit une semaine de décalage. Tout le reste est faux ».
Cette affaire soulève des questions plus larges sur la gestion des antennes provinciales de la RTNC, souvent confrontées à des problèmes de financement, de transparence et de gouvernance. Si le directeur provincial rejette les accusations, la colère des employés non payés révèle une fracture administrative qui appelle une clarification urgente des responsabilités entre Kinshasa et les directions locales.
LePotentiel / Prvinces26rdc.com
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