Le gouvernement de la République tire la sonnette d’alarme après une série de drames survenus à Rubaya, dans l’est du pays. En l’espace de quarante jours, plus de 600 personnes ont perdu la vie à la suite d’éboulements provoqués par une exploitation minière sauvage du coltan.
Dans un message publié ce lundi 16 mars 2026 sur son compte X, le ministre de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a dénoncé une situation « extrêmement grave » qu’il associe à la guerre qui sévit dans l’est du pays.
« Les drames successifs à Rubaya montrent le vrai visage de cette guerre de prédation dans tout ce qu’il y a d’horrifiant. Ce que nous avons observé est extrêmement grave », a-t-il écrit.
Selon lui, ces morts sont directement liées à une exploitation incontrôlée du coltan dans une zone sous influence du mouvement rebelle Mouvement du 23 mars, soutenu, selon Kinshasa, par le Rwanda.
« En 40 jours, plus de 600 compatriotes sont morts à la suite des éboulements consécutifs à une exploitation sauvage organisée par le père, le Rwanda, et le fils, le M23 », a déclaré le porte-parole du gouvernement.
Patrick Muyaya déplore également que l’exploitation minière se poursuive malgré les risques élevés liés à la saison des pluies dans cette région montagneuse du Nord-Kivu.
« Le comble du cynisme, c’est qu’ils n’ont pas arrêté l’exploitation malgré les risques en pleine saison de pluie », a-t-il ajouté.
Face à cette situation, le gouvernement annonce des mesures judiciaires pour remonter la chaîne de commercialisation de ce minerai stratégique.
« Nous travaillons avec les ministères de la Justice et des Mines pour retracer tous les acheteurs de ce coltan du sang afin de les exposer et d’ouvrir des actions judiciaires », a affirmé Patrick Muyaya.
Il rappelle par ailleurs que ces sites miniers sont considérés comme des zones interdites à toute activité extractive. « Ce sont des zones rouges où aucune forme d’exploitation ne peut se faire. Il y a une volonté de prédation qui dicte tous les actes, y compris des actes qui exposent dangereusement des vies », a-t-il insisté.
Pour le gouvernement congolais, ces tragédies illustrent la dimension économique du conflit dans l’est de la RDC, où l’exploitation illégale des ressources naturelles continue d’alimenter la violence.
« Et même quand on compte des centaines de morts, cela n’est jamais suffisant », a conclu le porte-parole du gouvernement.
Beto / Provinces26rdc.com
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