Une note de l’Unafec du 1er juillet adressée à Jacques Kyabula lui demande de sortir Jean Lumbwe de son gouvernement. Deux motifs sont évoqués. D’abord, l’absentéisme aux réunions du parti et le non-versement de la « dîme ». Cela représente 10 % de salaire, tel qu’exigé dans le règlement d’ordre intérieur.
C’est le nom de Eric Muta qui a été proposé pour le remplacer. Pour ne pas avoir maille à partir avec ce parti politique très remuant, le gouverneur Jacques Kyabula a fait un réaménagement gouvernemental. Il y a eu un seul entrant et un seul sortant.
L’arbre qui cache la forêt
Umba Lungange, président intérimaire de l’Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec) qui a pourtant signé la lettre, donne un autre avis. Il déclare ”ne pas payer sa cotisation, ne peut pas justifier une mise à l’écart du gouvernement”. Selon lui, ce sont des raisons ”politiques” qui ont motivé la décision du parti. Le président intérimaire de l’Unafec ne précise pourtant pas ces raisons. Ce qui est certain, ce que d’intenses tractations sont en cours au sujet de l’élection du vice-président de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga.
Juvenal Kitungwa, premier vice-président de ce parti, est en lice pour ce poste. Selon des accords politiques, cette fonction est réservée à l’Unafec. Mais, c’est un outsider indépendant de surcroît, qui est en ballottage favorable. Le vote avait été annulé, par crainte de trouble dans la ville, en cas de défaite du candidat du parti cher à feu Kyungu wa Kumwanza.
Querelles byzantines ?
Dans les salons politiques, certains estiment que le ministre sortant paie les frais d’une lutte en interne à l’Unafec. Jean Lumbwe aurait eu ce poste suite à un choix opéré par Juvénal Kitungwa en personne. Ce dernier n’a pas apposé sa paraphe sur la lettre qui circule sur les réseaux sociaux. Ce qui, pour des observateurs avertis, serait le signe de dissensions internes. Pourtant jusqu’ici, Umba Lungange et Juvenal Kitungwa, semblent s’entendre à merveille.
Une chaise éjectable
En 3 ans de mandat, Jacques Kyabula Katwe aura changé 6 ministres provinciaux de l’Intérieur. Cela en fait le poste le plus instable au sein de son gouvernement. Jeff Mbiya de la société civile du Haut-Katanga fustige ce qu’il qualifie de ‘‘pression exercée sur le chef de l’exécutif provincial par un parti politique”. Il craint voir, au vu des tensions internes, d’autres partis politiques faire de même. Ce qui, selon lui, déboucherait sur une instabilité politique, voire institutionnelle.
Jeff Mbiya craint qu’il puisse avoir du retard dans la réforme du système sécuritaire de la province. C’est notamment dans le volet de police de proximité. Il indique que sur 24 entités territoriales décentralisées, seules 2 en possèdent. Selon lui ‘’le temps que le nouveau ministre comprenne cette dynamique, il sera déjà éjecté ». Pour maitre Kalwa, président de la société civile du Haut-Katanga, ce qui compte vraiment, est que la sécurité des citoyens soit assurée.
Magazine La Guardia / Provinces26rdc.net
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