RDC-Nord-Kivu : les rescapés de Kishishe accusent les M23 d’avoir ciblé les hommes civils

Alors que les chiffres sur les événements meurtriers à Kishishe de fin novembre continuent de faire débat, les témoins et rescapés racontent que les rebelles du M23 semblaient vouloir abattre tous les hommes de cette zone dans l’est de la République démocratique du Congo.

Le groupe armé est accusé de meurtres, de pillages et de viols par le gouvernement congolais et l’ONU, tuant 131 personnes selon la Monusco, 272 selon le gouvernement, huit selon le M23. Deuxième volet de notre enquête.

Avec notre envoyée spéciale à Goma, Coralie Pierret

C’est discrètement à l’abri dans un bureau en bord de route que Eli (tous les prénoms de témoins ont été modifiés), raconte comment il s’est caché pendant plusieurs jours pour échapper au M23. Cet homme d’une trentaine d’années a eu peur qu’on le confonde avec un combattant armé.

Car un peu avant leur arrivée à Kishishe, les rebelles du M23 ont en effet affronté des milices d’autodéfenses locales, dont les Nyatura ou Maimai, ainsi les FDLR, groupe armé d’origine rwandaise installé dans la zone : « J’ai constaté que le M23 recherchait surtout les jeunes hommes après ces affrontements. Ils considéraient que tous les jeunes hommes étaient soit des Maimai, des Nyatura ou des FDLR. C’est ce qui m’a fait peur, alors je me suis caché. »

Eli a finalement fui la veille du drame de Kishishe. Contrairement à Richard, un autre rescapé, qui lui a assisté aux évènements du 29 novembre. Par vengeance ou représailles, des éléments qu’il décrit comme appartenant au M23 s’en sont pris à des civils, assure-t-il :

« Ils ne sont pas arrivés jusqu’à la maison dans laquelle je me cachais. Mais ils défonçaient les portes des maisons pour voir si quelqu’un se cachait dedans. Ils étaient à la recherche des hommes et les pourchassaient. Quand je suis sortie de ma cachette, j’ai vu des amis qui avaient été achevés. Par exemple, l’infirmier du centre de santé, on l’avait abattu par balle, trois coups. »

Le nombre exact de décès parmi les combattants ou parmi les civils n’est pas encore connu. Aucun enquêteur indépendant n’a pu se rendre sur place.

Mahagi : une nouvelle incursion des miliciens Zaïre Mazembe fait 9 morts et 3 blessés

-

Encore des miliciens du groupe armé Zaïre Mazembe ont tué, dans la soirée de ce lundi 19 décembre 2022, 9 civils et 3 autres ont été blessés lors de leur incursion dans le groupement Adra, au village Azimini de la chefferie de Walendu Watsi, en territoire de Mahagi, à plus de 180 kilomètres au Nord de Bunia.

Selon le chef du groupement d’Adra qui a alerté buniaactualite.cd, c’était aux environs de 16h, heure locale, que cette incursion a été signalée. En entendant leur inhumation ce mardi 20 décembre, les civils tués ont été ramenés au bureau administratif, tandis que les blessés sont internés dans la structure sanitaire de Gulu pour des soins appropriés.

“L’incursion de Zaïre s’est faite à la limite vers Godawizi dont le bilan est de 9 morts et trois blessés vers 16 heures au village Zimini”, a expliqué Tchombe Goduma, joint au téléphone.

Néanmoins, cette autorité coutumière déplore la non-intervention des militaires des Forces armées de la RDC qui se trouvent au centre de Katanga.

Pour rappel, la situation sécuritaire dans cette partie du territoire de Mahagi s’est détériorée depuis la semaine dernière où les attaques sont signalées, entraînant des dégâts humains et matériels. Cela est observé dans le groupement Ang’al 2 en chefferie des Ang’al et le groupement Adra en chefferie de Walendu Watsi.


RFI / Provinces26rdc.com

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*