Littérature-Journée de l’écrivain africain : deux femmes de lettres congolaises honorées à Kinshasa

Deux femmes de lettres de la République Démocratique du Congo ont été honorées jeudi par  la bibliothèque Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, à Gombe au nord de la capitale, lors de la célébration de la journée de l’écrivain africain.

« Aujourd’hui, nous célébrons la journée internationale de l’écrivain (e) africain (e). Nous voulons élever nos écrivains africains, en général, et en particulier, les congolaises. (…) Nous allons honorer deux dames écrivaines congolaises  emblématiques que nous connaissons sûrement tous et que certains ne connaissent pas encore. Il s’agit de Clémentine Nzuji Madiya et Marie Eugénie Mpongo », a déclaré Richard Ali Amutu, directeur de la bibliothèque Wallonie Bruxelles de Kinshasa.

Plusieurs structures et associations des écrivains du Congo ont pris part à cette commémoration de la journée internationale de l’écrivain africain, notamment, la structure des femmes de lettres du Congo, l’Union des jeunes écrivains congolais, l’Association des jeunes écrivains du Congo, le Café littéraire de ‘‘Missy’’, ainsi que le Collectif ‘‘Tetra’’ et la structure ‘‘Bokutani’’.

A cette occasion, l’Association des femmes de lettres congolaises (FELCO) a salué cette initiative louable de la Bibliothèque Wallonie-Bruxelles de Kinshasa.

« L’Association des femmes de lettres congolaises, en sigle (FELCO), salue cette initiative louable de la Bibliothèque Wallonie-Bruxelles de célébrer les parcours exceptionnels des femmes de lettres écrivaines, poétesses, conteuses, femmes de la pensée, en l’occurrence de Marie Eugénie Mpongo et Clémentine Faïk-Nzuyi »,  a déclaré Nadège  Bope, vice-présidente de l’Association des femmes de lettres congolaises (FELCO).

« Ces femmes pionnières de la littérature congolaise féminine, témoins de notre histoire et conservatrice des valeurs culturelles congolaises, ont contribué, chacune avec sa plume et sa pensée, à la conservation de la mémoire collective et à la promotion des valeurs dans la société congolaise, en quête permanente du changement », a-t-elle ajouté.

Parlant de leur association, elle a indiqué que celle-ci vise la promotion des écrivaines et de leurs ouvrages. « Cette association vise à promouvoir les œuvres des femmes de lettres congolaises, à faciliter l’édition et la diffusion de leurs œuvres et à les intégrer dans les réseaux littéraires africains et internationaux », a-t-elle soutenu.

Pour l’écrivain Christian Gombo, cette journée a été un moment important, à l’honneur de l’amitié et du travail des écrivains, non seulement sur notre continent, particulièrement ici au Congo où la créativité littéraire trouve des racines profondes et diversifiées.

« L’écrivain congolais n’est pas seulement un créateur de mots mais un architecte de l’âme. A travers leurs plumes, nos écrivains tissent l’histoire, la culture et les lettres de notre peuple », a dit  l’écrivain Gombo Christian.

Des témoignages sur des parcours éloquents

 « Mon parcours est semé de beaucoup de changements, dus aux difficultés sociales traversées tout le long de ma vie. Ma soif de lire a commencé dans mon enfance, dans un milieu où on ne pouvait pas entendre qu’un enfant, et surtout une fille s’adonne à la lecture », a raconté Marie-Eugénie Mpongo.

« C’est une littérature marquée par le vécu, par des Congolais (…) la jeunesse d’aujourd’hui a un esprit différent que nous, aussi un langage différent que nous et cela est traduit dans cette littérature. Qu’elle soit en français ou en lingala, elle traduit cet esprit des jeunes qui peuvent, avec  dérision, traiter de grands problèmes comme si ça ne les touche pas (…) J’admire beaucoup cet esprit des jeunes qui sont capables de garder la lucidité pour examiner et analyser les différents problèmes qu’a vécus le Congo », a-t-elle renchéri.

Marie Eugénie Mpongo,  fille d’un militaire, fait partie des premières Congolaises  inscrites à l’université Lovanium (Université de Kinshasa) en philosophie et lettres, en 1967. En 1968, elle remporte un prix dans un concours organisé par le Goethe Institut avec le poème « Retour au village natal », qui a été publié dans ‘‘Études Congolaises’’. En 1969, elle a remporté le premier prix Poésie avec Masikini au Concours L.S. Senghor et s’est rendue à Dakar au Sénégal.

Littérature : deux écrivaines congolaises honorées au centre Wallonie Bruxelles

À l’occasion de la journée internationale de l’écrivain africain, la bibliothèque du centre Wallonie Bruxelles en collaboration avec la FELCO a honoré ce jeudi 07 novembre 2024, deux pionnières de la troisième vague des écrivaines en RDC au nom de Clémentine Faïk-Nzuji et Marie-Eugénie Mpongo.

Dans son mot inaugural, Nadège Bope vice-présidente de la FELCO(association Femmes des lettres congolaises) a salué cette initiative louable de la bibliothèque du centre Wallonie Bruxelles de célébrer le parcours exceptionnel de femmes des lettres, écrivaines, poétesse,conteuse, femme de la pensée à l’occurrence de Marie-Eugénie Mpongo et clémentine Faïk-Nzuji qui sont pionnières de la littérature congolaise féminine, témoin de notre histoire et conservatrice des valeurs culturelles congolaises en quête permanente du changement.

Suite à son absence à la cérémonie, Clémentine Faïk-Nzuji a été représentée par l’écrivaine Elisabeth Mweya tol’Ande qui a fait la lecture de la bibliographie de cette dernière et à retracer son parcours suivie de mots d’admiration. « Je n’ai jamais vue une femme si amoureuse que clémentine et qui a célébré son amour pour son mari à travers ses œuvres depuis l’époque jusqu’à nos jours », a fait savoir Elisabeth Mweya tol’Ande.

La cérémonie a été sanctionnée par la lecture des œuvres de deux écrivaines mises à l’honneur pour avoir une idée de la plume de ces deux grandes dames qui ont marqué de leurs empreintes la littérature congolaise.

Submergée par l’émotion, Marie-Eugénie Mpongo n’a pas manqué de mots pour exprimer son ressenti. « Je ne m’attendais pas à ça, je pensais que c’est une journée culturelle avec des slams et des témoignages mais je ne pouvais pas m’imaginer cet honneur que vous m’avez fait, j’en suis vraiment très heureuse. L’écrivain est une drôle de personne, je me sens moi-même saisie par les émotions qui m’avaient bouleversée quand j’avais écrit ces textes. Mon parcours est un parcours avec beaucoup de changements dûs aux difficultés sociales traversées tout au long de la vie. Ma soif d’écrire a commencé depuis l’enfance, dans un milieu où on ne pouvait pas s’attendre qu’un enfant surtout une fille s’adonne à la lecture », a expliqué Marie-Eugénie Mpongo

L’association Femmes des lettres congolaises (Felco) réunit des femmes de lettres congolaises de toutes générations : écrivaines, poétesses, dramaturges, conteuses, rappeuses, slameuses, philosophes, juristes, journalistes, érudits, professeures, et libres penseuses. Présidée par Yolande Elebe, cette association vise à promouvoir les œuvres des femmes de lettres congolaises, à faciliter l’édition et la diffusion de leurs œuvres et à les intégrer dans les réseaux littéraires africains et internationaux. Elle milite aussi pour l’inclusion de leurs œuvres dans les programmes scolaires.

Littérature : Grâce Israëlla Mambu Ngyke lance un cri de coeur des orphelins du journaliste Franck Ngyke au président Félix Antoine Tshisekedi

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Le livre intitulé « Franck Ngyke Kangundu, le destin tragique d’un chevalier de la liberté » a été présenté ce mardi 05 novembre au centre Wallonie Bruxelles par Grâce Israëlla Mambu Ngyke Kangundu, troisième enfant du journaliste Franck Ngyke Kangundu.

L’auteure raconte dans un récit de 182 pages l’histoire poignante d’un journaliste courageux, son père et de sa quête incessante pour la vérité, l’intégrité ainsi que la justice.

Lors de sa présentation, Grâce Israëlla a lancé un cri de coeur au président de la République démocratique du Congo Félix Antoine Tshisekedi et au ministre de la Justice, Constant Mutamba.

« Ce livre est une lettre adressée au gouvernement congolais actuel, je suppose que le président Tshisekedi ne connaissait pas cette histoire et je l’ai écrite pour qu’il apprenne ce qui s’est passé en 2005 car il prône l’État de droit. Je l’ai aussi écrite pour le ministre actuel de la Justice qui veut à tout prix mettre fin à l’impunité. Ce récit est un témoignage de ce qu’on a vécu mais on n’a jamais parlé depuis la scène du crime, la nuit du 02 au 03 novembre 2005. » a-t-elle dit.

Et de poursuivre: à travers ce livre, je n’arrêterai pas d’interpeller le nouveau chef de l’État pour qu’il entende le cri de cœur des orphelins qui continuent à souffrir en silence. Il y a un plaidoyer devant lui qui dit prôner l’État des droits et nous y croyons.

« Le livre raconte la scène du drame, j’ai voulu faire connaître la vraie version de cette scène dramatique. Nous les orphelins de Franck Ngyke avons subi un choc et nous continuons à vivre avec ce choc qui nous ronge de l’intérieur. Je vis avec un traumatisme profond. Je ne dors pas comme tout le monde, je sursaute à 2 h du matin lorsque j’entends un bruit à l’extérieur. C’est le traumatisme, »a fait savoir Grâce Israëlla Mambu Ngyke

La cérémonie a été marquée par la projection des images de la scène du crime suivie de différents témoignages des journalistes et proches qui ont connu le journaliste Franck Ngyke qui a payé de sa vie son engagement pour la liberté de la presse et la dénonciation des injustices.

Cet ouvrage est un appel à la justice pour que ces actes ne restent pas impunis, et qu’à travers cette reconnaissance, les familles des journalistes assassinés trouvent enfin une forme de réparation morale et judiciaire. Au-delà d’un récit personnel, le livre vise à sensibiliser l’opinion publique, la société civile et les autorités à la nécessité de protéger la liberté de la presse et les droits des journalistes en RDC, souvent victimes de violence dans l’exercice de leur métier.

 

ACP/Provinces26rdc.com

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