Afrique du Sud : Le Mozambique dénonce la mort de cinq de ses ressortissants dans des violences xénophobes

Le gouvernement du Mozambique a annoncé que cinq de ses ressortissants avaient été tués lors de récentes violences xénophobes en Afrique du Sud, devenant le premier pays à signaler officiellement des décès liés à la vague actuelle de tensions antimigrants.

Selon les autorités mozambicaines, environ 800 de leurs citoyens ont été affectés par les troubles survenus vendredi à Mossel Bay, dans la province du Cap-Occidental. Maputo fait état de sept décès au total, dont cinq attribués à des agressions xénophobes et deux à un accident de la route survenu lors du retour de victimes vers le Mozambique.

La police sud-africaine conteste toutefois ce bilan. Elle a confirmé la mort de deux Mozambicains dans un quartier informel de Mossel Bay, sans établir de lien direct entre ces décès et les violences visant les étrangers.

Ces incidents interviennent dans un climat de montée des discours hostiles aux migrants. Depuis plusieurs mois, des manifestations antimigrants sont signalées dans différentes régions du pays, alimentées notamment par certains mouvements qui réclament l’expulsion des étrangers en situation irrégulière.

Face à cette situation, plus de 300 Mozambicains ont déjà regagné leur pays, tandis que plus de 500 autres ont été mis en sécurité dans le Cap-Occidental en attendant leur rapatriement. La semaine dernière, le Ghana a également évacué près de 300 de ses ressortissants vivant en Afrique du Sud.

Le maire de Mossel Bay, Dirk Kotze, a condamné des violences qui ont provoqué des morts, des incendies d’habitations et le déplacement de nombreuses familles. Les autorités redoutent une aggravation de la situation à l’approche du 30 juin, date fixée par un mouvement antimigrants pour le départ des étrangers en situation irrégulière.

L’Afrique du Sud a déjà connu plusieurs épisodes de violences xénophobes au cours des deux dernières décennies. Les émeutes de 2008 avaient notamment fait 62 morts et déplacé des milliers de personnes, illustrant la persistance des tensions liées à l’immigration dans le pays.


Sahel Intelligence / Provinces26rdc.com

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