Bolivie : un mandat d’arrêt émis contre Evo Morales pour « traite d’être humain »

La procureure Sandra Gutierrez a annoncé, lundi, qu’un mandat d’arrêt pour « traite d’être humain à l’égard d’une mineure » a été émis contre l’ex-président bolivien Evo Morales, pour une relation avec une adolescente. Il s’agit du deuxième mandat d’arrêt délivré pour la même affaire.

Un mandat d’arrêt pour « traite d’être humain à l’égard d’une mineure » a été émis contre l’ex-président bolivien Evo Morales (2006-2019), pour avoir eu une relation avec une adolescente, a indiqué le parquet.

Une « mesure exceptionnelle de détention provisoire de six mois » a par ailleurs été « demandée », a déclaré lundi 16 décembre 2024 au soir le procureur général Róger Mariaca.

Quelques heures plus tôt, la procureure en charge de l’affaire, Sandra Gutiérrez, avait annoncé avoir émis, le 16 octobre, un mandat d’arrêt contre Evo Morales qui souhaite revenir au pouvoir, malgré un arrêt de la Cour constitutionnelle ayant confirmé en novembre l’interdiction pour un président d’exercer plus de deux mandats.

Sandra Gutiérrez a expliqué qu’il n’avait pas mentionné l’affaire auparavant car elle « est très complexe », du fait qu’elle implique un ancien président, qui a nié les accusations à plusieurs reprises.

Elle a par ailleurs souligné que deux jours avant d’émettre ce mandat d’arrêt, les partisans de l’ex-président ont mis en place des barrages routiers qui ont duré 24 jours, pour protester contre ce qu’ils estiment être une « persécution judiciaire » à son encontre.

Malgré la contestation, la police a tenté à plusieurs reprises d’arrêter Evo Morales, réfugié dans l’État du Chapare (centre), son fief politique où est cultivée la coca, a précisé Sandra Gutiérrez. Mais « il était impossible de procéder à l’exécution du mandat d’arrêt contre ce citoyen, car (…) de nombreux policiers ont été victimes d’agressions et de tentatives d’assassinat de la part des bloqueurs », a affirmé la procureure.

Sandra Gutiérrez a dit que la police avait présenté d' »innombrables » rapports justifiant l’impossibilité d’exécuter le mandat d’arrêt et qu’il avait même été souligné que « la vie non seulement de policiers, (mais) aussi de citoyens, était en jeu ».

La procureure a par ailleurs déclaré avoir demandé une interdiction de sortie de territoire à l’encontre d’Evo Morales, indiquant que l’ancien président encourait une peine de « 10 à 15 ans » d’emprisonnement.

Une précédente enquête pour « détournement de mineur »

Le scandale remonte à 2015, lorsque l’ancien dirigeant des producteurs de coca gouvernait la Bolivie. Selon le dossier, Evo Morales a eu une relation avec une jeune fille de 15 ans avec laquelle il a eu une fille en 2016.

La thèse du parquet est que les parents de la mineure l’ont enrôlée dans la « garde de jeunes » de Morales « dans le seul but de gravir les échelons politiques et d’obtenir des avantages (…) en échange de leur fille mineure ».

Pour ces faits, le ministère public a déposé un acte d’accusation contre Morales et la mère de la victime présumée pour le délit de « traite d’êtres humains aggravée ».

Bien qu’Evo Morales ait précédemment rejeté la plainte comme étant basée sur des faits qui ont fait l’objet d’une enquête en 2020 au titre du délit de « détournement de mineur », le ministère public se concentre désormais sur la traite présumée des êtres humains.

Il s’agit du deuxième mandat d’arrêt délivré à l’encontre d’Evo Morales pour la même affaire.

La procureure Gutiérrez avait déjà ordonné son arrestation en septembre, mais un recours en justice déposé par la défense du leader aymara avait permis de l’annuler. Les avocats d’Evo Morales affirment que l’affaire a déjà été examinée et classée en 2020.

En pleine lutte pour la candidature de la gauche aux élections de 2025, Morales a affirmé que cette enquête était une « lawfare » (persécution judiciaire) dirigée par le gouvernement de Luis Arce, son ancien allié, pour le « proscrire » de la course électorale.

 

 


AFP / France 24 / Provinces26rdc.com

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