RDC : Interpellation de M. Alex Dende, cadre de l’Ecidé, dans l’affaire de la chanson « Lokuta »

Alex Dende, secrétaire national chargé de l’implantation du parti Ecidé de Martin Fayulu, a été interpellé par le parquet de Grande Instance de N’Djili. Il répondait à une convocation du ministère public, suite à une plainte déposée par le secrétaire général de l’UNC.

Ce dernier l’accuse de complicité et d’incitation à l’injure publique, ainsi que de propos diffamatoires à l’encontre de Vital Kamerhe, autorité morale et président de l’UNC, visé par la chanson populaire controversée « Lokuta ».

Une chanson au cœur de la polémique

Selon le ministère public et des cadres de l’UNC, un lien de responsabilité serait établi entre l’œuvre artistique jugée diffamatoire et la structure ayant permis sa production et sa diffusion.

La chanson « Lokuta », produite par la structure musicale Racines Alternatives – enregistrée au nom de M. Dende –, est perçue comme une manœuvre de propagande politique de l’Ecidé, visant à ternir l’image de l’UNC et de son président, mais aussi celle du chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi, également cité dans les paroles. L’œuvre a d’ailleurs fait l’objet d’une interdiction de diffusion sur les médias.

Antécédents et disparitions inexpliquées !

L’affaire remonte à 2023, lorsque l’auteur-compositeur-interprète de la chanson, connu sous le nom de scène Herimat, avait été arrêté avant de disparaître mystérieusement de sa détention provisoire.

Selon le parquet, M. Dende aurait rendu visite à l’artiste détenu, et qui était accompagné d’un autre employé de Racines Alternatives, peu avant leur disparition. Ce fait alimente les soupçons sur une possible implication de M. Dende dans l’affaire, d’autant plus que les fugitifs feraient l’objet de recherche par les services de la justice.

La défense dénonce une procédure arbitraire !

Pour Maître Bihuna, avocat de la défense, l’interpellation de son client est arbitraire. Il rappelle que, bien que propriétaire de Racines Alternatives, M. Dende n’en assurait plus la gestion quotidienne, celle-ci étant confiée à M. Tata Guylain, ingénieur du son et directeur artistique, également porté disparu depuis 2023.

La défense insiste sur le fait que, dans le respect de la liberté d’expression, M. Dende n’avait pas vocation à censurer les artistes de sa structure, d’autant plus que ses nouvelles fonctions politiques l’obligent à se détacher de ses activités antérieures.

Il souligne également que M. Dende n’est pas intervenu lors de la suppression du clip vidéo de la chanson incriminée sur la chaîne YouTube de Racines Alternatives, suite à des plaintes officielles.

Une affaire aux relents politiques ?

La défense évoque un possible acharnement politique, estimant que cette affaire relève davantage des compétences de la Haute Autorité de censure que d’une procédure judiciaire. Elle s’interroge sur l’opportunité d’une telle traque de responsabilités alors que l’auteur de la chanson demeure introuvable.

Pour l’heure, la liberté de M. Dende n’a pas été remise en cause, mais ses proches dénoncent une tentative d’intimidation visant à museler ses prises de position critiques envers le régime, notamment en tant que proche de l’opposant Martin Fayulu.

À faire à suivre…

 


Nouveau Média / Provinces26rdc.com

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