L’Ukraine et l’Iran au menu d’un nouvel échange entre Trump et Poutine

Donald Trump a annoncé ce mercredi 4 juin avoir parlé avec Vladimir Poutine de l’Ukraine, où le président américain ne croit pas à une « paix immédiate », et de l’Iran, qu’il a accusé de « traîner les pieds » dans les discussions sur le nucléaire. Selon lui, le président russe pourrait avoir un rôle à jouer sur ce sujet.

Dans un message sur son réseau Truth Social, Donald Trump dit avoir eu, avec son homologue russe, une « bonne conversation, mais pas une conversation qui va mener à une paix immédiate » en Ukraine. Un ton différent de celui qu’il avait adopté le 26 mai, quand il avait dit de Vladimir Poutine qu’il était devenu « complètement fou ». Selon le milliardaire conservateur, au cours de l’entretien de ce 4 juin, « le président Poutine a dit, très fermement, qu’il allait devoir riposter aux récentes attaques » ukrainiennes contre des bombardiers russes.

Le président américain a précisé que leur appel a duré « une heure et quinze minutes ». Le Kremlin a pour sa part qualifié de « positive » et « productive » cette conversation téléphonique entre les deux dirigeants, ajoutant qu’ils avaient décidé de « rester en contact permanent ».

C’est une intensification militaire qui semble s’annoncer en Ukraine, loin de la promesse faite par le président américain d’une paix rapide, grâce à son intervention. Dans une conversation téléphonique avec le pape Léon XIV, le président russe a d’ores et déjà rejeté la faute sur l’Ukraine, affirmant vouloir atteindre la paix par des moyens « diplomatiques » alors que, selon lui, Kiev cherche « l’escalade » et « mène des actions de sabotage contre des infrastructures civiles sur le territoire russe ».

L’Ukraine a lancé, durant le week-end du 31 mai-1er juin, une attaque complexe et ingénieuse de drones explosifs sur plusieurs aérodromes russes, détruisant ou endommageant de nombreux avions militaires. Kiev a également revendiqué une attaque contre le port de Kertch, chargé en symbole puisqu’il relie la Russie à la Crimée annexée en 2014.

Les négociations entre Kiev et Moscou sur une trêve, que Donald Trump a encouragées, sont au point mort. Les deux pays sont seulement convenus, lors de pourparlers tenus à Istanbul lundi, d’échanger tous leurs prisonniers blessés ou âgés de moins de 25 ans, ainsi que les corps de 12 000 soldats tués (6 000 de chaque camp).

Poutine pourrait « participer » à des pourparlers entre Iraniens et Américains

Donald Trump et Vladimir Poutine ont également parlé de l’Iran. Le locataire de la Maison Blanche n’a pas caché son impatience, alors que le guide suprême d’Iran, Ali Khamenei, a estimé mercredi qu’une proposition américaine en vue d’un accord sur le nucléaire allait à l’encontre des intérêts de son pays, sur fond de divergences liées à l’enrichissement d’uranium.

Le président des États-Unis a accusé l’Iran de « traîner des pieds » dans les négociations et ajouté qu’il voulait « une réponse définitive dans un laps de temps très court ». Il a par ailleurs rapporté que Vladimir Poutine avait « laissé entendre » qu’il pourrait « participer » également à ces pourparlers qui se déroulent jusqu’ici entre Iraniens et Américains.

« J’ai dit au président Poutine que l’Iran ne pouvait pas se doter de l’arme nucléaire et je crois que nous sommes d’accord sur ce point », a écrit le Donald Trump, en jugeant que son homologue russe, qui entretient une relation étroite avec Téhéran, « pourrait peut-être jouer un rôle utile pour arriver à une rapide conclusion ».

Le Kremlin a défendu mardi le « droit » de l’Iran à développer son énergie nucléaire civile. La Russie, qui dispose officiellement du plus grand arsenal nucléaire au monde, hérité de l’URSS, et l’Iran se sont largement rapprochés depuis le déclenchement de l’invasion russe en Ukraine en 2022.


rfi / Provinces26rdc.com

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