Sankuru : ces politiciens devenus subitement « indépendants » pour briguer le gouvernorat

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a publié, ce mercredi 4 mars 2026, la liste provisoire des candidatures déclarées recevables à l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur du Sankuru. Un fait retient particulièrement l’attention : pour la première fois, tous les candidats ont abandonné leurs casquettes politiques pour se présenter comme indépendants dans une province pourtant réputée pour son intense activité politique.

En République démocratique du Congo, chaque province cultive sa spécificité. Si le Haut-Katanga et le Lualaba sont considérés comme le poumon économique du pays en raison de l’exploitation minière, et si le Kongo-Central, le Kwilu et le Kwango font figure de grenier de Kinshasa, le Sankuru, lui, se distingue par la forte propension de ses ressortissants à embrasser la carrière politique.

Il n’est donc pas surprenant que le destin de cette province enclavée, située au centre du pays, soit souvent associé à des figures politiques majeures ayant marqué l’histoire nationale, de Patrice Emery Lumumba à Daniel Aselo, en passant par Léonard She Okitundu, Christophe Lutundula, Lambert Mende, Moïse Ekanga, Michel Lokola et bien d’autres.

Curieusement, à l’approche de l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur prévue le 7 avril prochain, tous les candidats et leurs colistiers ont choisi de se présenter sous la bannière… indépendante.

En effet, aux termes de la décision n°004/CENI/AP/2026 du 4 mars 2026 portant publication de la liste provisoire des candidatures à l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur du Sankuru, les onze prétendants provisoirement retenus par la CENI ont opté pour le statut d’indépendant.

Pourtant, tous ou presque demeurent des acteurs politiques bien identifiés, certains occupant actuellement des mandats électifs. On retrouve notamment le sénateur UDPS Jules Lodi, le sénateur URCO Simon Ikamba et le député provincial ADP Armand Matonda (candidat vice-gouverneur).

Figurent également Joseph Lomu (APOCM) et son colistier UDPS José Dambo, ainsi que Roger Esongo, affilié à l’AFDC.

Les masques vont tomber

D’autres candidats retenus affichent un parcours politique si fluctuant qu’ils en viennent presque à incarner, de fait, l’indépendance qu’ils revendiquent aujourd’hui. C’est le cas de l’ex-CCU Justin Omokala, passé par plusieurs formations politiques.

Les masques de ces camouflages ne tarderont pas à tomber lors des tractations politiques et de la campagne électorale pour séduire une assemblée provinciale dominée par l’UDPS.

Certains candidats pourront rapidement regretter leurs étiquettes politiques abandonnées pour éviter d’ éventuels ennuis faute d’un parrainage par leurs formations politiques.

Le futur successeur de l’ex-gouverneur Victor Kitenge héritera d’une province confrontée à d’importantes difficultés socio-économiques, où un sac de ciment s’échange à 120 000 FC et où, à défaut d’industries florissantes, la politique demeure le secteur le plus dynamique.

 


Alternance / Provinces26rdc.com

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*