Quelques jours après sa victoire éclatante en Hongrie, Peter Magyar annonce vouloir un nouveau gouvernement d’ici à la mi-mai. Le leader de Tisza a déjà annoncé plusieurs mesures pour rétablir l’État de droit dans son pays. Il s’est également exprimé sur l’Ukraine, un sujet très attendu. Il n’est pas opposé, dit-il ce mercredi 15 avril 2026, « au prêt européen de 90 milliards d’euros promis à Kiev » et qui est bloqué par son prédécesseur Viktor Orban, même s’il y met des conditions.
Peter Magyar serait donc prêt à débloquer le véto hongrois sur le prêt de 90 milliards d’euros que l’Union européenne doit verser à l’Ukraine. Il pose toutefois deux conditions. D’abord, ne pas y participer, mais cela est déjà acquis. Lorsque les Européens s’étaient accordés sur ce prêt, en décembre dernier, la Hongrie, comme la Slovaquie et la Tchéquie, avait exigé pour donner son feu vert d’être exclue du dispositif.
Deuxième condition : la Hongrie exige toujours la réparation de l’oléoduc de Droujba, qui achemine du pétrole russe sur son territoire en passant par l’Ukraine, oléoduc endommagé par une frappe en janvier dernier. Mardi 14 avril, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a promis qu’il devrait à nouveau fonctionner à la fin du mois.
Peter Magyar « pourrait donner un nouvel élan »
L’arrivée au pouvoir de Peter Magyar, qui a battu Viktor Orban lors des législatives dimanche, offre un espoir d’avancée même si le déblocage du prêt européen, vital pour Kiev, devrait prendre du temps. S’exprimant en marge des rencontres de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington, la commissaire de l’UE à l’élargissement Marta Kos a assuré que l’arrivée au pouvoir en Hongrie de Peter Magyar « pourrait donner un nouvel élan » aux procédures liées à l’Ukraine. « Nous ne sommes plus bloqués », s’est réjouie la commissaire, évoquant une « grande victoire pour l’Europe ».
Berlin a appelé lundi à ce que ces fonds soient débloqués « très rapidement ». « Mon sentiment c’est qu'(Orban) ne voudra pas faire de grand geste pendant la période de transition », prédit une responsable européenne, assurant que son successeur Peter Magyar va donc « être sous une pression énorme pour débloquer le prêt ».
Peter Magyar est résolument pro-européen, mais il reste toutefois prudent sur le dossier ukrainien. Il n’est favorable ni à l’envoi d’armes, ni à l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne.
RFI / Provinces26rdc.com
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