Hanté par l’idée d’un dialogue national inclusif, Martin Fayulu ne désarme pas. Alors que le pouvoir de Kinshasa garde un silence sur la suite à réserver à cette initiative, le leader Lamuka continue d’insister, de pousser, et surtout d’espérer la tenue d’un cadre national de discussions pour traiter les causes profondes de la crise congolaise.
Sa dernière prise de parole, le week-end dernier lors d’une conférence-débat organisée à l’Institut supérieur d’informatique Chaminade, s’inscrit clairement dans cette constance. Devant les étudiants, l’opposant a une nouvelle fois défendu la nécessité d’un dialogue inclusif, présenté comme un passage obligé pour comprendre et résoudre les blocages structurels du pays. L’idée, chez lui, ne fluctue pas : il faut réunir les Congolais autour d’une même table pour faire un bilan sans complaisance.
Dans son intervention, Fayulu a dressé un tableau préoccupant de la situation sécuritaire. Il a déploré qu’une partie du territoire national reste occupée par le Rwanda et ses supplétifs de l’AFC/M23. À ses yeux, cette réalité traduit une faiblesse profonde de l’État. Il affirme qu’un pays normal dispose d’une armée, d’une police et de services de renseignement capables d’assurer sa défense, estimant que ce n’est pas le cas aujourd’hui en République démocratique du Congo.
L’opposant évoque ainsi une armée défaillante et des services de renseignement infiltrés, tout en pointant l’occupation de certains territoires comme un fait majeur. Il va plus loin en refusant d’assimiler l’AFC/M23 à une simple rébellion interne, les qualifiant explicitement de supplétifs du Rwanda, ce qui renforce la lecture d’une crise à la fois interne et externe.
Dans ce contexte, le président de l’Ecidé insiste sur l’urgence de renforcer l’unité et la cohésion nationale pour défendre l’intégrité territoriale. Il appelle à une mobilisation collective des Congolais, évoquant une forme de symbiose entre citoyens afin de faire front commun contre les menaces extérieures. Cette unité, dans son discours revêt une dimension presque spirituelle, fondée sur une énergie collective à partager entre citoyens. Il insiste sur la nécessité de penser ensemble, d’agir ensemble et de réagir collectivement face à toute atteinte à un citoyen congolais.
C’est dans cette logique que Martin Fayulu situe son appel au dialogue. Pour lui, il ne s’agit pas d’un échange politique ordinaire, mais d’un cadre destiné à identifier les causes profondes de la crise. Parmi celles-ci, il cite l’illégitimité des institutions et de leurs dirigeants, le tribalisme, la faillite de l’État et la mauvaise gouvernance. Autant d’éléments qu’il considère comme des facteurs internes ayant fragilisé le pays.
– Fayulu met en garde contre une “voie périlleuse” –
Quelques jours auparavant, sur X, Martin Fayulu s’était de nouveau attaqué à l’ambition affichée du régime de Kinshasa de réviser la Constitution du 18 février 2006. L’ancien candidat a la présidentielle de 2016 et 2022 alerte sur le contexte dans lequel cette initiative est envisagée : un pays confronté à une insécurité persistante, avec une partie de son territoire sous occupation, une autorité de l’État affaiblie et la présence de plusieurs administrations parallèles. Dans ces conditions, l’opposant estime qu’engager une révision constitutionnelle constitue une prise de risque majeure.
Réviser notre Constitution aujourd’hui, dans un contexte de chaos où une partie du territoire est occupée par le Rwanda, où l’autorité de l’État s’érode, où des administrations parallèles prolifèrent et où le peuple souffre chaque jour, c’est s’engager sur une voie périlleuse, aux conséquences dangereuses, prévient-il.
Pour lui, le problème de la République démocratique du Congo ne réside pas dans le texte fondamental lui-même, mais dans son non-respect. Il insiste sur le fait que changer ou réviser la Constitution ne produira aucun effet si les pratiques politiques restent inchangées.
Dans la continuité de son analyse, il élargit la notion de menace en soulignant que les dangers pesant sur le pays ne sont pas uniquement extérieurs. Il pointe également des facteurs internes, notamment la quête du pouvoir au détriment du peuple, qu’il considère comme une menace tout aussi sérieuse.
Nos ennemis ne sont pas uniquement à nos frontières. La soif du pouvoir au détriment du peuple constitue une menace intérieure tout aussi grave. La sagesse bantoue nous enseigne la prudence face à l’irréversible. Que ceux qui jouent avec le destin de 120 millions de Congolais prennent la mesure de leur responsabilité, avant qu’il ne soit trop tard. Les hommes passent. La Nation demeure, a-t-il prévenu.
Ouragan / Provinces26rdc.com
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