17 mai 1997 – 17 mai 2026 : « une conquête étrangère déguisée en libération » (Temoignage d’Eugène Diomi Ndongala)

Le président national de la Démocratie chrétienne (DC), Eugène Diomi Ndongala, a livré une lecture critique de l’arrivée de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) à Kinshasa, le 17 mai 1997, qu’il qualifie de « conquête étrangère masquée en libération ».

Dans un entretien accordé ce dimanche 17 mai 2026 à Kinshasa à MCP, à l’occasion du 29e anniversaire de la prise de pouvoir par l’AFDL, l’opposant politique et notable Ne Kongo a estimé que la date du 17 mai, aujourd’hui célébrée comme la Journée de la Révolution et des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), « ne reflète pas la réalité historique ».

Selon lui, l’entrée des troupes de l’AFDL dans la capitale congolaise s’est déroulée sans affrontement militaire majeur, alors que le régime du maréchal Mobutu Sese Seko était déjà affaibli par la maladie et une profonde crise politique et économique.

« Les gens dansaient dans les rues et parlaient de libération. Mais très vite, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas d’une victoire du peuple congolais, mais d’une conquête étrangère habilement déguisée », a déclaré Eugène Diomi Ndongala.

Une critique du rôle du Rwanda et de l’Ouganda

L’ancien député national soutient que l’AFDL, officiellement lancée en octobre 1996 à Lemera, au Sud-Kivu, n’était qu’« une vitrine politique », derrière laquelle se trouvaient principalement le Rwanda et l’Ouganda.

Selon lui, Laurent-Désiré Kabila jouait le rôle de figure politique visible, tandis que « les véritables centres de décision étaient à Kigali et Kampala ».

Eugène Diomi Ndongala évoque notamment la nomination du général rwandais James Kabarebe à la tête de l’armée congolaise après la chute du régime Mobutu, qu’il considère comme « un symbole de la perte de souveraineté de la RDC ».

Une guerre pour le contrôle des ressources

Le président de la DC affirme également que la lutte contre le régime Mobutu cachait d’autres objectifs stratégiques, notamment la traque des réfugiés hutus rwandais installés dans l’Est du Congo après le génocide de 1994, ainsi que le contrôle des ressources minières congolaises.
« Le coltan, l’or, le diamant et la cassitérite sont devenus des enjeux majeurs de cette guerre », a-t-il soutenu.

L’opposant fait référence au Rapport Mapping des Nations Unies publié en 2010, qui documente de graves violations des droits humains commises en RDC entre 1993 et 2003.

Retour sur son engagement politique

Eugène Diomi Ndongala affirme avoir très tôt dénoncé ce qu’il qualifie de « fausse libération ». Il dit avoir participé à la création du Front pour la survie de la démocratie au Congo (FSDC), aux côtés de plusieurs acteurs politiques opposés au régime de Laurent-Désiré Kabila.
Il affirme avoir subi plusieurs arrestations, intimidations et poursuites judiciaires pour ses prises de position contre le pouvoir en place à l’époque.

Une situation sécuritaire toujours préoccupante

Vingt-neuf ans après la chute du régime Mobutu, Eugène Diomi Ndongala estime que les conséquences de cette période continuent de peser sur la RDC, particulièrement dans sa partie orientale, où persistent les conflits armés et l’activisme de groupes rebelles.

« Le 17 mai 1997 n’était pas une libération, mais le début d’une longue période d’instabilité et de remise en cause de la souveraineté congolaise », a-t-il conclu.

 


congouni.info / Provinces26rdc.com

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