RDC : Ni C64 ni C4, Moni Della propose le Camp de la nation

Sa voix est rare dans les tiraillements politiques. Mais face aux tractations sur le brûlant sujet de la Constitution, Moïse Moni Della brandit sa recette. Ni à gauche, encore moins à droite, le leader du parti Conservateurs de la nature et démocrates (CONADE) propose le « Camp de la nation ». Le juste milieu.

La sensible question de la Constitution a poussé Moni Della à réagir. Reconnu pour son intelligence politique et son esprit rassembleur, l’opposant entend apaiser les uns et les autres. À Ouragan, il a fait savoir que l’heure n’est pas aux divisions et querelles. A la coalition C64, menée par les têtes d’affiches de l’opposition dont Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Matata Ponyo et Delly Sesanga, il a exhorté à prioriser l’intérêt de la nation qui fait face aux nombreuses crises. Moni Della invite les opposants à ne pas adopter une posture extrême en exigeant coûte que coûte la tenue des élections sans les territoires sous occupation rebelle. Pour lui, exclure les Congolais du Nord et Sud-Kivu de leur droit de vote occasionnerait la balkanisation.

L’ancien vice-ministre de l’Information a usé du même ton pour interpeller la C4, une méga plateforme de la majorité qui bataille pour le changement de la Constitution. Moni Della fait remarquer qu’il n’est pas possible à ce stade de parler du référendum tant que des pans importants du pays sont occupés par des troupes rwandaises et leurs supplétifs de l’AFC-M23. « On ne peut pas faire la politique de connivence ou de convenance aujourd’hui. On doit faire de la politique de conscience fondée sur les valeurs patriotiques. La nation, c’est un corps. C’est différent de la patrie et du pays. Il faut adopter une position qui va mettre la nation congolaise en exergue, notre dénominateur commun », pense Moni Della.

Plus loin, le président des CONDADE s’indigne de constater que les leaders politiques soient plus préoccupés à des critiques en lieu et place d’être focalisés sur la menace qui plane sur le pays. « Aujourd’hui, il y a des C64 et C4. Nous, nous sommes CN, c’est-à -dire le camp de la nation. Parce que si nous allons au C 4 qui dit qu’on doit changer la Constitution à l’immédiat, ça serait la balkanisation du pays. Kabila a parlé de la soudanisation, nous aux CONADE, nous parlons de la yougoslavisation. Ceux qui sont à Goma et Bukavu ne vont pas se reconnaître. Ceux de C64 qui disent que nous devons aller aux élections, là aussi c’est diviser le pays parce que Goma et Bukavu seront exclues. Il faut une voie médiane, une voix de la raison, de la nation qui est en péril », recommande l’opposant.

Dans son approche, Moni Della n’exclut pas la révision constitutionnelle. Il appelle juste au respect de la procédure. “Une Constitution peut toujours être touchée. Elle n’est ni la Bible ni le Coran. Pour la toucher, il y a des mécanismes. La Constitution a prévu de quelle manière elle peut être revue. La Constitution peut être adaptée à certaines réalités du moment”, a-t-il nuancé.

 Le dialogue 

Fort de ses analyses et de son vécu politique, le leader CONADE estime que le dialogue est le seul moyen capable de garantir à tous les camps un jeu juste et équilibré. Il presse, à haute voix, pour la convocation des pourparlers sincères entre Congolais.


Ouragan / Provinces26rdc.com

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