Coincée entre la guerre d’agression et Ebola, la RDC vers un état d’urgence

Ce mercredi 27 mai 2026, l’Est de la République démocratique du Congo vit une collision catastrophique, selon les termes du Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS, .

D’un côté, une épidémie d’Ebola à souche Bundibugyo, sans vaccin ni traitement homologué, qui explose (plus de 600 cas suspects, centaines de décès, extension à Goma, Nord-Kivu, Sud-Kivu et même Kinshasa).

De l’autre, une agression rwandaise via son proxy M23 qui transforme les zones épidémiques en champ de bataille : bombes qui tombent sur les centres de traitement, corridors humanitaires coupés, équipes médicales bloquées, hôpitaux attaqués.

« Nous ne pouvons pas établir la confiance communautaire ni isoler les malades pendant que les bombes tombent », a martelé Tedros.

La riposte sanitaire exige un contrôle territorial effectif et un accès sécurisé immédiat. Sans cela, l’épidémie devient incontrôlable, régionale, mortelle.

Face à cette double menace, agression étrangère contre l’intégrité du territoire et interruption concrète du fonctionnement des institutions sanitaires dans l’Est, la Constitution offre un outil précis, rodé et validé : l’article 85.

Ce dernier dispose que « Lorsque des circonstances graves menacent, d’une manière immédiate, l’indépendance ou l’intégrité du territoire national ou qu’elles provoquent l’interruption du fonctionnement régulier des institutions, le Président de la République proclame l’état d’urgence ou l’état de siège après concertation avec le Premier ministre et les présidents des deux Chambres… ».

Les conditions sont remplies à double titre. L’agression documentée menace l’intégrité territoriale. L’Ebola sous les bombes paralyse la riposte publique. La Cour constitutionnelle elle-même, en 2020, a reconnu que le seul critère de gravité immédiate suffit.

L’état d’urgence autorise les ordonnnces-lois : sécurisation forcée des axes humanitaires, protection militaire des équipes OMS/MSF, réquisitions de moyens logistiques, restriction ciblée des mouvements à haut risque, réouverture sécurisée de Goma et des aéroports, coordination nationale sous autorité unique.

Précisément, ce que Tedros exige, c’est un accès sûr et soutenu. Sans contrôle territorial renforcé, Ebola gagne.

Il sied de signaler que l’état d’urgence n’est pas un blanc-seing : durée initiale de 30 jours, prorogations soumises au Parlement qui reste toujours en place et opérationnel, contrôle permanent de la Cour constitutionnelle, droits fondamentaux intangibles protégés.

 

Provinces26rdc.com

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