RDC : Référendum, le « non cruel » du camp Mutamba

Le camp de l’ancien garde des Sceaux, Constant Mutamba, a choisi clairement la rupture. Dès l’ouverture de la plénière consacrée mercredi à l’examen de la proposition de loi relative à l’organisation du référendum, les députés de la Nouvelle génération pour l’émergence du Congo ont quitté l’hémicycle. Un boycott net, présenté comme un refus de cautionner un agenda politique déconnecté des réalités sécuritaires du pays.

Au quartier général de la NOGEC, tout le monde est unanime que l’initiative du pouvoir arrive au mauvais moment. Dans une déclaration lue par ses élus, le parti qualifie le texte d’« inopportun dans le contexte socio-politique et sécuritaire actuel ». L’argument est direct : le pays, sous état de siège dans l’est et confronté à l’occupation de pans entiers du territoire par la rébellion AFC/M23, n’a pas besoin d’un débat perçu comme une manœuvre de la majorité pour préparer une révision constitutionnelle.

Au-delà du désaccord de fond, le geste est un repositionnement stratégique. Longtemps identifié comme une figure de l’opposition républicaine ouverte au dialogue avec le pouvoir, Mutamba durcit le ton. En désapprouvant publiquement le « forcing » de l’Union sacrée, la NOGEC prend ses distances avec le camp présidentiel, dont elle se rapprochait parfois sur des dossiers ponctuels.

Je m’adresse à l’opinion nationale et internationale. Ce mercredi 27 mai 2026, nous, députés nationaux de l’opposition républicaine NOGEC, avons boycotté la plénière consacrée à l’examen de la loi sur le référendum. Pourquoi ? Parce que nous jugeons ce projet inopportun dans le contexte sociopolitique et sécuritaire actuel. Le vrai référendum, c’est celui de la conscience patriotique, a écrit sur X, Van Walesa, le vice-président national du parti NOGEC.

Ce virage vers une ligne plus radicale a un coût politique. Déjà, le passé judiciaire de Constant Mutamba, condamné pour détournement de fonds, reste un angle d’attaque privilégié pour ses adversaires. Cette condamnation pèse sur sa crédibilité morale, même si elle n’annule pas son influence auprès d’une partie de l’opposition en quête d’une alternative visible.

L’effet domino ne s’est pas fait attendre. Le groupe parlementaire Ensemble, seule force d’opposition officiellement reconnue à l’Assemblée, a annoncé son retrait des travaux. « Nous ne participerons pas à ce forcing dans un contexte où une partie du pays est occupée ». Deux formations, deux trajectoires, mais un même message adressé à la seule majorité.

Sur le plan procédural, la proposition de loi Ngondankoy poursuit son cours. Déclarée recevable par la Commission politique , administrative et juridique (PAJ) moyennant amendements, la loi doit être examinée article par article dans les prochains jours. Pour les partisans du texte, le référendum constitue un mécanisme démocratique prévu par la Constitution permettant au peuple de se prononcer directement sur des questions majeures touchant à l’organisation de l’État. La majorité parlementaire défend ainsi un processus qu’elle juge légal et conforme aux institutions de la République.

Mais au sein de l’opposition, plusieurs voix redoutent que cette initiative ouvre la voie à des réformes constitutionnelles sensibles dans un climat déjà marqué par les tensions politiques et l’insécurité persistante dans l’est du pays. Le débat autour du référendum s’annonce ainsi comme l’un des principaux fronts politiques des prochains mois.

La NOGEC accuse le pouvoir d’humilier Mutamba après la libération d’ex-AFC/M23 

L’opposition hausse le ton contre le régime après la libération de plusieurs détenus présentés comme proches de l’AFC/M23. La NOGEC considère que cette décision politique contraste fortement avec le traitement réservé à son leader Constant Mutamba, actuellement condamné dans une affaire de détournement de fonds. Le parti estime que cette différence de traitement montre une volonté délibérée d’écarter une voix politique jugée dérangeante.

Pendant ce temps, le résistant patriote, Constant Mutamba, l’homme qui a eu le courage de stopper l’hémorragie de l’agression rwandaise, de démanteler plusieurs réseaux de déstabilisation, de déjouer des complots visant le renversement des institutions républicaines à Kinshasa et de demeurer loyal envers la nation et le président de la République, Félix Tshisekedi, se retrouve injustement humilié, arrêté, condamné et continuellement persécuté. Plus grave, certains rebelles aujourd’hui libérés se moquent publiquement de lui à travers des messages audios relayés sur les réseaux sociaux, tonne le leadership du parti.

Les pro-Mutamba affirment que les personnes relâchées dans le cadre des accords de Doha bénéficient aujourd’hui d’une clémence que le pouvoir refuse à leur chef de file. Le mouvement voit en son ancien leader une personnalité sacrifiée pourtant ayant défendu les institutions du pays en première ligne face aux menaces sécuritaires et politiques.


Ouragan / Provinces26rdc.com

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*