Ebola : les anticorps monoclonaux redonnent de l’espoir

Alors que l’épidémie d’Ebola progresse rapidement dans l’est de la RDC, le recours aux anticorps monoclonaux est présenté comme un espoir thérapeutique.

Alors que l’épidémie d’Ebola progresse rapidement dans l’est de la République démocratique du Congo, il n’y a toujours ni traitement, ni vaccin contre la souche Bundibugyo, responsable du virus en cours de propagation.

Le recours aux anticorps monoclonaux est présenté comme un espoir thérapeutique par les autorités congolaises, mais cette technique reste encore expérimentale pour ce qui concerne les différentes souches virales d’Ebola.

Une approche expérimentale

Les anticorps monoclonaux sont des protéines produites en laboratoire à partir d’un clone unique de cellules immunitaires, ce qui les rend toutes identiques. D’où le terme de monoclonal.

Ils sont conçus pour reconnaître une cible très spécifique, et peuvent agir comme des anticorps naturels en neutralisant des agents pathogènes.Ces anticorps sont utilisés pour traiter diverses maladies, notamment certains cancers et infections virales. Dans le cas d’Ebola, plusieurs anticorps monoclonaux ont démontré leur efficacité, en particulier contre la souche Zaïre.

Des recherches sont en cours pour développer des anticorps capables d’agir sur les autres souches du virus, comme Soudan ou Bundibugyo, mais ces approches restent encore expérimentales.

Toutefois, le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, y voit un espoir contre l’épidémie actuelle. « Nous avons demandé aux Américains de nous fournir cette molécule pour pouvoir traiter les malades parce qu’ils en ont. Donc, nous avons fait la demande officielle » assure le ministre. Selon lui, la RDC a déjà échangé beaucoup avec les Américains.

« Je pense que dans les jours qui viennent, on va en savoir plus. Mais, en fait, on ne va pas traiter les malades directement. On va faire ce qu’on appelle un essai clinique parce que cela a été testé en laboratoire, c’est passé par tous les stages d’évaluation. Mais comme il n’y avait pas d’Ebola autre que Zaïre, ça n’avait pas été utilisé » précise-t-il toutefois.

Un traitement ciblé

Le principal avantage des anticorps monoclonaux est leur grande précision. Contrairement à certains traitements qui agissent sur tout l’organisme, ils ciblent directement une protéine du virus responsable de la maladie.

« Ce sont des molécules utilisées pour le traitement et qui attaquent le virus grâce à une partie qu’elles reconnaissent. Ils agissent comme les anticorps que toute personne développerait en temps normal. Donc ils sont là pour s’attaquer directement au virus” explique Adrienne Amuri, assistante en faculté de médecine à l’université de Kinshasa.

Par ailleurs, la Russie affirme avoir développé un vaccin contre la souche Bundibugyo. Un vaccin qui n’est toutefois pas homologué par l’Organisation mondiale de la santé, dont le directeur général a rappelé, mercredi, sur son compte X, qu’il n’existe pour l’instant aucun vaccin ni traitement.


DW / Provinces26rdc.com

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