L’Église du christ au congo (ECC) a ouvert vendredi 5 juin à Kinshasa, une séquence décisive dans le débat constitutionnel. Réunie en session extraordinaire, l’institution protestante a convoqué les principaux porte-voix de deux camps pour les entendre avant de rendre sa position. L’enjeu : peser sur un sujet qui divise la classe politique et l’opinion.

La confession a structuré ses auditions autour de trois figures. D’une part, le secrétaire permanent de l’Union sacrée, André Mbata et le président intérimaire de l’UDPS, Augustin Kabuya, ont défendu la thèse du changement constitutionnel au nom du camp présidentiel. Le leader de l’EciDé Martin Fayulu a porté la voix de l’opposition. Chacun a présenté ses arguments devant les responsables de l’ECC, appelés à arbitrer.

L’Église a justifié cette démarche par l’ampleur des sollicitations reçues. « La présidence nationale de l’ ECC, qui est aussi un organe, qui a été approchée par des organisations nationales et internationales, par ses communautés membres, sur un sujet d’actualité, en rapport avec la révision ou le changement de la Constitution, pour donner la position officielle sur ce sujet », a expliqué Moïse Gbema, directeur de cabinet du président national de l’ECC.
La hiérarchie de l’Église a écouté les arguments du camp présidentiel. Pour Mbata et Kabuya, la Constitution actuelle serait trop rigide et freinerait l’action du chef de l’État. Ils plaident pour une révision afin d’adapter le texte aux défis du pays et donner plus de marges de manœuvre à l’exécutif.

Le même groupe a aussi entendu la contre-argumentation de l’opposition. Martin Fayulu a rappelé l’inconstitutionnalité d’une révision en période de guerre. Pour lui, modifier la loi fondamentale dans un contexte sécuritaire précaire reviendrait à fragiliser les institutions et à créer un précédent dangereux. L’Église du Christ au Congo se positionne ainsi comme arbitre morale. Sa voix compte parmi les plus écoutées de la société civile congolaise. L’institution ne tranche pas encore, mais elle veut s’appuyer sur les auditions pour fonder un avis crédible et attendu par l’ensemble des acteurs.
À l’issue de cet échange, le directeur de cabinet du président national de l’ECC, Moïse Gbema, a expliqué que cette session extraordinaire a pour objectif de permettre à l’Église du christ au Congo de se prononcer officiellement sur le débat relatif à la révision ou au changement de la Constitution.
La présidence nationale de l’ECC a été sollicitée par plusieurs organisations nationales et internationales, des communautés membres ainsi que de nombreux fidèles au sujet de la question de la révision ou du changement de la Constitution. Compte tenu de l’intérêt croissant que suscite ce dossier au sein de la société, il a été jugé opportun de convoquer cette session extraordinaire afin que les organes compétents de l’Église examinent la question et dégagent une position officielle, a-t-il éclairé.
L’ECC a fixé l’échéance. Sa position officielle devrait être rendue publique le dimanche 7 juin. Le verdict sera scruté par le pouvoir, l’opposition, les partenaires internationaux et la base des fidèles qui suivent ce dossier depuis des semaines.
Ouragan / Provinces26rdc.com
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