Gouvernants déconnectés : Le cri d’alarme de Mgr Sikuli face au drame de l’Est

Ce mercredi 3 juin dernier,  dans un communiqué publié, l’évêque de Butembo-Beni, Monseigneur Melchisédech Paluku Sikuli, a fermement critiqué les priorités actuelles de la classe politique congolaise. Face à l’insécurité grandissante, le prélat appelle à abandonner le projet de révision constitutionnelle pour se concentrer sur la paix.

Il dénonce un hiatus profond entre les ambitions des dirigeants et les souffrances quotidiennes de la population. Pendant qu’une partie du territoire national subit une occupation étrangère et que les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri font face aux massacres récurrents des rebelles ADF, Kinshasa semble avoir la tête ailleurs.

L’évêque déplore l’obstination incompréhensible des gouvernants à vouloir modifier la Constitution de la République. Selon lui, l’urgence absolue réside plutôt dans la recherche de réponses concrètes aux attentes de sécurité des Congolais.

« En effet, au moment où une partie du territoire national est sous occupation étrangère et que les populations du Nord-Kivu et de l’Ituri sont massacrées de manière récurrente par les ADF-Nalu, la préoccupation de nos gouvernants semble être ailleurs. Ceux-ci s’attellent avec une obstination incompréhensible à activer le processus du changement de la Constitution de la République Démocratique du Congo (RDC). Nous estimons qu’il serait plus utile et urgent de leur part de se pencher sur la recherche de réponses adéquates à apporter aux attentes profondes de la population », écrit Monseigneur Paluku Sikuli.

Face à ce qu’il qualifie de dérive des priorités, le leader religieux interpelle directement le chef de l’État. Il invite le Président de la République à recentrer son action sur son devoir premier : la restauration de la paix sur l’ensemble du territoire national.

Monseigneur Sikuli rappelle une vérité fondamentale du sommet de l’État, à savoir que la finalité du pouvoir reste le service exclusif du peuple.

Il sied de noter que les parlementaires ne sont pas épargnés par cette mise au point chrétienne. L’évêque exhorte les députés et les sénateurs à ne pas se rendre complices des malheurs de leurs compatriotes.En des termes très forts, il fustige la « politique du ventre et de la peur« , qu’il juge indigne d’un homme d’État. Pour lui, les élus ont reçu un mandat du peuple pour bâtir les chemins du bien-être intégral, et non pour enfermer la population dans la misère et l’insécurité.

 


Tazama RDC / Provinces26rdc.com

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