André Mbata assume désormais une lecture plus souple de la Constitution de 2006, en contraste avec les positions qu’il défendait lorsqu’il évoluait dans l’opposition. Invité jeudi d’un Space animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le secrétaire permanent de l’Union Sacrée a été confronté à plusieurs archives vidéo dans lesquelles il rejetait catégoriquement toute perspective de révision constitutionnelle.
Face à ces extraits, le professeur de droit constitutionnel n’a pas nié ses déclarations passées. Il a toutefois estimé qu’il n’y avait aucune contradiction entre le fait de considérer la Constitution de 2006 comme « la meilleure depuis l’indépendance » et la possibilité d’y apporter des modifications. Selon lui, un texte constitutionnel peut être performant tout en demeurant perfectible.
André Mbata a également revendiqué le droit de faire évoluer sa réflexion au fil du temps. Se définissant avant tout comme un universitaire, il a soutenu qu’une pensée scientifique ne saurait être immuable. Pour étayer son argumentaire, il a évoqué l’adaptation de la formulation de la prière du « Notre Père », estimant qu’un changement n’est pas nécessairement synonyme de renoncement à ses convictions.
« Ce que j’ai dit hier, je peux le corriger », a-t-il affirmé, rejetant l’idée d’être lié de manière définitive à ses anciennes prises de position.
Mais c’est surtout son retour sur les batailles politiques de l’époque Kabila qui a retenu l’attention. André Mbata a reconnu que le refus de toute révision constitutionnelle constituait alors un levier politique utilisé par l’opposition pour empêcher l’ancien président de prolonger son maintien au pouvoir.
Au cours de son intervention, il a également réitéré ses doutes sur la nationalité de Joseph Kabila, une thèse régulièrement contestée par les partisans de l’ancien chef de l’État. Revenant sur les motivations de l’opposition de l’époque, il a résumé sans détour l’objectif poursuivi : « Nous voulions que Kabila parte. »
Pour André Mbata, ce combat politique a atteint son objectif avec la fin du régime Kabila et l’alternance qui a suivi. Ses déclarations interviennent dans un contexte où le débat sur une éventuelle révision de la Constitution continue de susciter de vives réactions sur la scène politique congolaise.
Afrik-Info.cd / Provinces26rdc.com
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