RDC : « La Force du progrès affirme avoir été sollicitée par le pouvoir pour empêcher le sit-in de l’Opposition » (Human Rights Watch)

Dans un rapport publié ce jeudi 9 juillet 2026, Human Rights Watch met en cause des membres de la Force du progrès, un groupe affilié au parti au pouvoir, dans les attaques visant des manifestants de l’Opposition survenues lors de la manifestation du 12 juin 2026 à Kinshasa.

Selon l’organisation, plusieurs témoignages recueillis entre le 12 et le 22 juin pointent une mobilisation organisée en amont pour perturber le sit-in de la Coalition Article 64 (C64), opposée à un projet de révision constitutionnelle.

« Sept membres de la Force du Progrès interviewés ont déclaré que des membres du principal parti au pouvoir leur avaient demandé de mobiliser leurs partisans pour empêcher le sit-in », peut-on lire.

Et de poursuivre : « Nous avons tenu la dernière réunion dans l’après-midi de mercredi avant la date de la manifestation […] et lors de cette réunion, deux de nos chefs de parti nous ont clairement indiqué de cibler les dirigeants de l’Opposition et leurs partis », a confié un membre de la Force du progrès interrogé par Human Rights Watch.

D’autres témoignages évoquent des incitations financières. « Ils ont promis de nous donner de l’argent si nous perturbions la manifestation »,

A déclaré un autre membre, ajoutant que « de nombreux jeunes rejoignent le groupe en raison des opportunités d’emplois informels ».

Le jour de la manifestation, des membres de la Force du progrès auraient pris part à des attaques contre des sièges de partis politiques de l’opposition, notamment ceux affiliés à la C64. Des vidéos vérifiées par Human Rights Watch montrent des dégradations, des vitres brisées et des personnes blessées dans plusieurs permanences politiques.

Les manifestants affirment également que des membres de ce groupe ont agi aux côtés des forces de sécurité.

« Ils ont jeté des pierres et des bouteilles, certaines remplies d’urine, sur nous », ont rapporté plusieurs témoins.

Human Rights Watch souligne que ces violences se sont produites alors que les manifestants tentaient de se rassembler pacifiquement.

« Nous avons levé les mains en l’air en signe de non-violence », a expliqué l’un d’eux.

De son côté, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) rejette toute implication. Le secrétaire général du parti, Augustin Kabuya, a assuré que « le parti n’avait jamais envoyé personne commettre des actes de violence » et évoque l’existence d’une « fausse Force du progrès » qui ternirait son image.

Malgré ces démentis, Human Rights Watch appelle à une enquête indépendante pour établir les responsabilités.

« Les responsables devraient être traduits en justice, quelle que soit leur affiliation », a insisté Ashwanee Budoo-Scholtz, directrice adjointe de la division Afrique de l’organisation

 


Ya Biso News / Provinces26rdc.com

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