À Yaoundé, Sama Lukonde érige la RDC en « pays solution » pour le climat et accuse le M23 d’« écocide »

À la tribune de la 51ᵉ session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), le président du Sénat de la République démocratique du Congo, Jean-Michel Sama Lukonde, a articulé son intervention autour de deux enjeux qu’il estime désormais indissociables : la lutte contre le changement climatique et la crise sécuritaire persistante dans l’est du pays. Devant près de 400 parlementaires issus de 57 pays, il a défendu la vision portée par Kinshasa d’une RDC appelée à jouer un rôle central dans la préservation de l’équilibre climatique mondial, tout en dénonçant les conséquences environnementales du conflit armé.

Reprenant la formule devenue un marqueur du discours du président Félix Antoine Tshisekedi, le président du Sénat a réaffirmé la vocation écologique de la République démocratique du Congo.

« Notre pays s’affirme naturellement comme un véritable pays solution ».

Pour étayer cette position, Jean-Michel Sama Lukonde a rappelé que la RDC abrite le Bassin du Congo, considéré comme le deuxième poumon forestier de la planète, ainsi qu’une biodiversité parmi les plus riches au monde. Il a également mis en avant le projet du « Couloir Vert Kivu-Kinshasa », un vaste espace de plus de 500 000 km² destiné à concilier conservation de l’environnement et développement durable.

Mais ce potentiel, a-t-il souligné, demeure fragilisé par plus de trois décennies de conflits armés dans l’est du pays.

« Combien de morts nous faudra-t-il encore compter ? L’engagement de nos États n’est pas à la hauteur », a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation internationale plus résolue.

Le président du Sénat a ensuite consacré une large partie de son intervention aux conséquences écologiques de la guerre. Il a accusé le Rwanda, qu’il considère comme soutenant les rebelles du M23-AFC, d’être à l’origine d’une dégradation massive des écosystèmes dans les zones affectées par les combats.

Selon lui, cette guerre provoque « morts d’hommes, déplacements, viols, destruction de la faune, de la flore et pollution des eaux et de la biodiversité », transformant progressivement une crise sécuritaire en catastrophe environnementale.

Poursuivant son argumentaire, Jean-Michel Sama Lukonde a établi un lien direct entre la protection du climat et la stabilité régionale.

« On ne peut pas prétendre assurer un équilibre climatique tant que, par la guerre, on pille et on détruit massivement les ressources naturelles », a-t-il insisté, avant d’inviter les États membres de la Francophonie à soutenir davantage les efforts de paix et à veiller au respect des Accords de paix de Washington.

Au-delà de la dénonciation du conflit, le président du Sénat a plaidé en faveur d’un renforcement de la coopération entre les pays francophones sur les questions climatiques. Il a appelé à « une solidarité francophone forte », accompagnée d’une compensation équitable en faveur des communautés vivant à proximité des grands massifs forestiers, considérées comme les premières gardiennes de ces écosystèmes.

Enfin, il a annoncé le soutien officiel de la République démocratique du Congo à la candidature de Mme Julianna Lumumba à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie.

La prochaine session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie est prévue à Luxembourg, du 5 au 9 juin 2027.

 


LePotentiel / Provinces26rdc.com

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