Les avocats de victimes d’enlèvements ou de massacres ainsi que d’organisations de la société civile en RDC ont déposé vendredi 10 juillet 2026 d’une part une plainte au parquet fédéral belge, et d’autre part une « communication, article quinze », l’équivalent d’une plainte auprès de la Cour pénale internationale à La Haye. Le motif de la plainte déposée est un crime contre l’humanité commis, selon les plaignants, de manière régulière depuis six ans à l’encontre de ceux qui s’opposent à la mainmise du clan présidentiel sur les ressources minières du Katanga.
Une plainte à ce sujet avait été déposée il y a un an à Bruxelles contre neuf membres de la famille de Félix Tshisekedi. Désormais, c’est la répression permettant ce pillage qui est dans le collimateur de la justice.
Onze cas mis en avant
Les avocats dénoncent onze épisodes pour lesquels un crime contre l’humanité a pu être documenté comme les centaines de morts et de blessés en 2024 à la prison kinoise de Makala et plusieurs massacres à Lubumbashi, Kolwezi ou ailleurs dans le Katanga.
Pour Me Hervé Diakiese, la répression s’appuie sur la MSU, la milice Force du progrès du parti au pouvoir, l’UDPS et sur les membres de l’ethnie du président Félix Tshisekedi : « Il y a un discours de supériorité véhiculé par certains pasteurs de l’espace ethnique du président. Il y a eu ce genre de discours qui ont été tenus par des autorités administratives et des autorités revêtues du pouvoir de l’État, que les Luba comme ils s’identifient, en fait les gens du Kasaï n’ont pas seulement le pouvoir, « ils sont le pouvoir » ».
Et pour Me Bernard Maingain, la justice congolaise ne fait pas son travail face à la répression : « Nous sommes exactement dans cette situation de défaillance de l’appareil judiciaire en République démocratique du Congo, on le regrette. Les conditions de faire ce qu’on appelle la « communication, article quinze » du Statut de Rome sont parfaitement réunies. La saisine est le fait des avocats et personne ne peut s’y opposer. Personne ne peut le déclarer irrecevable. »
Reste maintenant aux procureurs de Bruxelles et de La Haye de décider d’ouvrir ou non une enquête.
RFI / Provinces26rdc.com
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