À quelques jours de la marche du 22 juillet contre le président Félix Tshisekedi, la coalition Article 64 (C64) apparaît déjà fragilisée par les révélations de l’un de ses propres dirigeants. Invité de l’émission Mongongo ya Bayi Mboka sur Kongo Mani TV, Alain Bolodjwa, président du parti politique LEBAT, a dressé un constat sévère sur le fonctionnement de cette plateforme de l’opposition.
Loin de projeter l’image d’un bloc uni, il décrit une organisation minée par les frustrations, les rivalités internes et une gouvernance qu’il estime défaillante.
« La conférence des présidents est l’organe suprême. Le présidium doit exécuter les décisions. Mais dans la pratique, ce n’est pas ce qui se passe », a-t-il expliqué, dénonçant des décisions prises sans l’aval préalable de l’instance compétente.
Pour Alain Bolodjwa, ces dysfonctionnements ne sont pas anodins. Ils alimentent progressivement un climat de méfiance.
« Ce qui se fait aujourd’hui peut être toléré pendant deux ou trois mois. Mais si cela dure, cela crée des frustrations », a-t-il averti.
Plus troublant encore, le président de LEBAT affirme que la C64 n’est pas une coalition bâtie sur une vision politique commune.
« Nous ne défendons pas le même système de valeurs. C’est un mariage forcé », a-t-il reconnu, précisant que les différentes composantes ne sont réunies que par un objectif ponctuel.
La déclaration la plus marquante reste toutefois son jugement sur l’avenir de la plateforme.
« C64, il faut ekufa », a-t-il lancé, avant d’en donner les raisons.
Selon lui, cette coalition est comparable à une « opération commando » appelée à disparaître dès que sa mission sera terminée.
« C64 doit mourir au plus vite, parce que nous ne pouvons pas vivre ensemble longtemps », a-t-il insisté.
Ces propos résonnent comme un sérieux désaveu pour une plateforme qui cherche à convaincre l’opinion qu’elle constitue une alternative crédible au pouvoir en place.
À quelques jours de la mobilisation du 22 juillet, une question demeure : une coalition dont l’un des dirigeants affirme publiquement qu’elle est « contre nature », qu’elle est minée par des frustrations internes et qu’elle est vouée à disparaître peut-elle conserver l’image d’un front politique solide ?
Les déclarations d’Alain Bolodjwa ne démontrent pas à elles seules une implosion de la C64, mais elles mettent en lumière des tensions et des faiblesses organisationnelles que la plateforme devra surmonter si elle veut convaincre qu’elle peut agir durablement comme une force politique unie.
Opinion Info / Provinces26rdc.com
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