Haut-Uele : la progression des ADF provoque le déplacement de plus de 10 000 civils vers Watsa et Wamba

Le spectre de l’insécurité bascule de l’Ituri vers la province voisine du Haut-Uele. Ces dernières semaines, plus de 10 000 personnes ont abandonné leurs foyers pour fuir la progression des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans les territoires de Watsa et de Wamba, affirment des sources locales.

Selon la société civile, ces combattants, traqués dans le territoire de Mambasa en Ituri, tentent d’installer de nouveaux sanctuaires dans les forêts du Haut-Uele, profitant d’un faible déploiement des forces armées de la RDC (FARDC) dans les zones rurales de cette province.

D’après les alertes documentées par des acteurs locaux de la société civile, les assaillants opèrent par vagues successives. Une attaque majeure a ciblé la localité de Mungbere il y a deux semaines, avant que les rebelles ne soient signalés en mouvement vers Betongwe, à moins de 100 kilomètres du centre de Wamba. La semaine dernière, une autre incursion présumée a été contenue de justesse par l’armée à la périphérie de Wamba.

Les rapports de la société civile désignent une zone particulièrement stratégique.

Les ADF auraient installé leur principal bastion à Suka ya Mboka, au cœur de la forêt située entre le territoire de Mambasa, en Ituri, et les territoires de Wamba et de Watsa, dans le Haut-Uele. Cette situation a provoqué le déplacement de plus de 10 mille personnes, principalement des chefferies de Mahaa, Andobi et Kebo-Apodo.

Pour échapper aux tueries, ces milliers de familles apeurées convergent désormais vers des agglomérations jugées plus sécurisées, notamment Gombari, Watsa-Centre, Moku et Giro, où elles s’entassent dans un dénuement total.

Sous-effectif militaire et silence des autorités

Ce flux massif de déplacés est accentué par un déficit criant de couverture sécuritaire. La société civile déplore l’absence totale de forces de l’ordre ou le sous-effectif chronique des détachements militaires des FARDC dans les villages frontaliers, laissant les populations sans défense face aux incursions.

Devant cette crise humanitaire et sécuritaire naissante, les structures citoyennes lancent un double appel :

  • Au niveau humanitaire : L’organisation d’une assistance d’urgence en vivres et abris pour les milliers de déplacés éparpillés dans les centres urbains.
  • Au niveau militaire : Le lancement d’opérations d’envergure et le renforcement du dispositif de l’armée pour détruire le bastion de Suka ya Mboka avant que les rebelles ne s’y enracinent.

Face à cette menace persistante des rebelles ADF dans l’Est et le Nord‑Est de la RDC, les autorités congolaises veulent renforcer la riposte. Le 2 juillet 2026, les responsables sécuritaires de cinq provinces sont réunis à Kisangani pour élaborer un plan régional d’éradication de ce groupe armé, actif en Ituri, au Nord‑Kivu, mais aussi dans certaines zones de la Tshopo et du Haut‑Uélé.

 


Radio Okapi / Provinces26rdc.com

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