RDC – Éducation nationale : Face à Ebola, le gouvernement choisit une rentrée scolaire adaptée plutôt qu’une suspension des cours

Ce mercredi 19 août 2026, la rentrée scolaire 2026-2027 aura bien lieu le 1er septembre en République démocratique du Congo, malgré la progression de la maladie à virus Ebola dans six provinces du pays. Plutôt que de suspendre les cours à l’échelle nationale, le gouvernement a décidé d’adapter le mode d’enseignement en fonction du niveau de risque dans chaque zone.

Cette nouvelle approche a été présentée mardi 18 août par la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga, lors d’un briefing spécial de presse animé conjointement avec le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Samuel Kamba, et le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.

Une rentrée qui varie selon les zones

Le dispositif repose sur une distinction entre les zones vertes, orange et rouges.

Dans les zones vertes, qui ne sont pas touchées par Ebola, les cours se dérouleront normalement. Dans les zones orange, déjà affectées mais ne présentant pas un niveau de risque élevé, les enseignements seront maintenus en présentiel, avec un renforcement des mesures de prévention.

Les zones rouges, considérées comme les plus exposées, verront en revanche leurs élèves basculer temporairement vers un enseignement à distance.

Sur les 138 sous-divisions administratives que comptent les provinces concernées, 40 sont affectées par l’épidémie, dont 18 classées à haut risque.

Pas besoin d’Internet pour étudier à distance

Le ministère de l’Éducation nationale veut éviter que l’enseignement à distance ne devienne une nouvelle charge pour les familles.

La ministre a ainsi précisé que le dispositif ne reposera ni sur Internet ni sur l’acquisition obligatoire d’équipements numériques.

Des fiches pédagogiques portant sur les connaissances essentielles seront préparées et distribuées aux élèves. Elles seront accompagnées de programmes éducatifs diffusés par les radios locales et communautaires.

Les supports pourront être récupérés auprès des écoles, notamment tous les quinze jours, selon une organisation mise en place par les établissements.

« L’objectif, c’est de maintenir l’enfant en activité à la maison, de ne pas le déconnecter de l’école et d’aller vers des savoirs essentiels », a expliqué la ministre.

Une mesure prévue pour quatre semaines

Cette formule d’apprentissage à distance sera d’abord expérimentée pendant quatre semaines. À l’issue de cette période, les ministères de l’Éducation et de la Santé procéderont à une évaluation afin de déterminer s’il convient de maintenir ou de lever le dispositif.

La décision dépendra notamment de l’évolution de l’épidémie et de l’efficacité des mesures de riposte.

Dans les zones orange, le gouvernement entend renforcer la prévention afin d’empêcher une aggravation de la situation. Sensibilisation, hygiène et disponibilité des kits sanitaires devront notamment être renforcées dans les établissements scolaires.

« Notre objectif est d’éviter qu’une zone orange devienne une zone rouge et qu’une zone verte devienne une zone orange », a souligné Raïssa Malu.

Préserver la scolarité malgré la crise sanitaire

Le gouvernement assure également que les élèves concernés par l’enseignement à distance ne seront pas pénalisés dans leur parcours scolaire.

En cas de réussite, ils pourront poursuivre leur cursus et se présenter aux différentes épreuves certificatives, y compris à l’examen d’État, conformément aux mesures d’accompagnement prévues.

Cette garantie vise à rassurer les parents et à éviter que les conséquences sanitaires de l’épidémie ne se traduisent par une rupture scolaire pour les enfants vivant dans les zones les plus touchées.

Six provinces concernées

Selon le ministère de la Santé, l’épidémie sévit actuellement en Ituri, au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, dans le Haut-Uélé, le Bas-Uélé et la Tshopo.

L’Ituri reste l’épicentre, avec 28 zones de santé affectées sur les 36 que compte la province.

Le bilan communiqué mardi fait état de 5 021 cas confirmés, 2 378 décès parmi les cas confirmés, soit une létalité de 47,4 %, ainsi que 751 patients en isolement ou hospitalisés. Au total, 1 061 personnes ont été déclarées guéries.

Malgré ce bilan lourd, le ministre de la Santé, Roger Samuel Kamba, a assuré que la situation restait sous contrôle, tout en reconnaissant une forte capacité de transmission du virus.

En maintenant la rentrée tout en adaptant les modalités d’apprentissage aux réalités de chaque zone, le gouvernement cherche ainsi à concilier deux impératifs : protéger les élèves contre Ebola et garantir la continuité de leur éducation.

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