Depuis près d’un mois, la quasi-totalité de la ville de Lubumbashi est privée d’eau potable. Parfois, l’eau revient, mais seulement pour quelques heures et les coupures peuvent durer plusieurs jours d’affilée. La Regideso, société de distribution d’eau, évoque des perturbations dans l’alimentation en électricité de sa principale station de captage qui dessert près de 80% de ses clients.
Au quartier Tshamalale, en banlieue de Lubumbashi, dans le sud de la RDC, les robinets sont à sec. Cela fait près de trois semaines que l’eau ne coule pas régulièrement, déplore Rufin Kisimba. Cet étudiant n’arrive pas à comprendre comment on en est arrivé là : « On a un petit potager qu’on ne peut pas arroser. On a une pelouse où tout est devenu sec. Se laver, c’est devenu difficile, il faut se déplacer pour aller puiser de l’eau. »
« La seule alternative reste l’eau de forage »
Chercher de l’eau, c’est l’exercice auquel doivent se livrer chaque matin des dizaines de femmes du quartier qui craignent de contracter des maladies hydriques si elles utilisent de l’eau sale. Abigaël, qui vient de puiser quatre seaux, déplore : « Dans ce quartier, nous souffrons. L’eau ne coule pas au robinet. Ces trois dernières semaines, l’eau n’a coulé que pendant deux jours. En plus, tous les puits ont séché. La seule alternative reste l’eau de forage. »
« La station a mal tourné ces deux dernières semaines », explique David Angoyo, directeur provincial de la Regideso, la société de distribution d’eau. En cause, selon lui, des délestages qui ont touché de manière inédite l’usine de Kimilolo, mais aussi le vol de câbles électriques. Il ne peut pas s’engager sur une date de retour à la normale. Cela dépend de la Snel, la société d’électricité, affirme-t-il.
Malheureusement, les infrastructures sont restées vétustes »
Pour Freddy Kasongo, directeur de l’Observatoire d’études et d’ap« pui à la responsabilité sociale et environnementale (OEARSE), il faudrait plutôt rendre autonome la société de distribution d’eau afin qu’elle ne dépende pas de la Snel.
« La situation de la station de Kimilolo reflète la situation générale de la province où l’alimentation en énergie électrique stable et durable, c’est vraiment un casse-tête pour les ménages, souligne-t-il. Malheureusement, les infrastructures sont restées vétustes et ne sont presque pas réhabilitées. Le peu d’électricité produit notamment par la Snel doit desservir à la fois l’industrie minière et les ménages ».
Freddy Kasongo conclut : « Nous ne pourrons y remédier, notamment pour la station de Kimilolo, que si nous investissons dans des réseaux solaires autonomes qui peuvent permettre de prendre en charge cette station. Ce n’est que de cette manière que nous pourrons espérer donner une solution pérenne en attendant que le pays puisse augmenter sa capacité de production de l’électricité. »
rfi / Provinces26rdc.com
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