Afrique australe, le business du charbon relancé par la crise du détroit d’Ormuz

Afrique du Sud, Mozambique, Zimbabwe mais aussi Tanzanie : les exportations de charbon d’Afrique australe ont bondi ces derniers mois. Du charbon qui permet notamment la production de carburants. Dans le contexte du blocus du détroit d’Ormuz qui entraîne des difficultés d’approvisionnement et des prix en forte hausse, le charbon africain retrouve sa compétitivité.

Le charbon d’Afrique australe est de nouveau très attractif. Richard Senkondo, en charge de la campagne No New Coal (« Pas de nouveau charbon ») d’un consortium d’ONG de défense de l’environnement et de la santé, le confirme. « Il est vrai que depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, l’Afrique est devenue la solution rapide à la crise énergétique. Et le charbon est une solution immédiate pour les pays développés », constate-t-il.

Une tendance qu’expérimente les courtiers maritimes. Dionisios Tsilioris est analyste chez Ursa Shipbrokers, basé en Grèce. Sur les huit premiers mois de l’année, les exportations de charbons de l’Afrique du Sud et du Mozambique ont dépassé les 60 millions de tonnes métriques. « Une étape historique, selon cet expert. Ce sont les résultats les plus élevés enregistrées sur ces dix dernières années. En ce qui concerne les données de suivi des navires, qui remontent loin dans le temps, on observe actuellement un taux de croissance de 11%. C’est très important et très significatif. Le fait qu’un secteur affiche une croissance de 11% alors que la tendance mondiale est de 3%, c’est considérable. »

Des infrastructures en expension, de nouveaux projets miniers

Une tendance qui s’explique par différents facteurs, selon sa collègue Ioanna Matsouka : « Je dirais que cela s’explique par la mise en place de quotas d’exportation de charbon par l’Indonésie, qui est le premier exportateur mondial. Et si l’on ajoute à cela le fait que, en raison des perturbations dans le détroit d’Ormuz, il n’y a pas eu d’exportations de GNL pour couvrir la production d’énergie, nous avons assisté à cette forte hausse des exportations d’Afrique du Sud et du Mozambique. »

Dans les pays d’Afrique australe, les entreprises productrices de charbon ont enregistré des bénéfices record. En Tanzanie, cette dynamique se traduit – au grand désarroi de Richard Senkondo – par une grosse dynamique du secteur. La construction d’un nouveau terminal charbonnier est en cours. « Nous avons également assisté à une vague d’investissements en Tanzanie », a-t-il pu documenté. « La société Sichuan Hongda est de nouveau présente dans sud de la Tanzanie. Elle a signé un accord d’une valeur de trois milliards de dollars, pour lancer l’exploitation du charbon, dans le cadre d’un tout nouveau projet minier. Cette initiative sape l’engagement du gouvernement dans ces objectifs de décarbonation », regrette-t-il. Une dynamique vers l’extraction fossile polluante donc, alors que le phénomène El Niño s’apprête à durement toucher le continent.


rfi / Provinces26rdc.com

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