Guerre au Yémen : l’aéroport de Riyad encore fermé ce lundi après les attaques houthies

L’Arabie saoudite a connu la pire attaque sur son territoire depuis dix ans ce week-end : 14 morts lors de frappes contre l’aéroport de Riyad. L’aéroport de Dammam et des installations énergétiques du géant Aramco ont aussi été visés dans les « opérations d’envergure » revendiquées par les Houthis. L’Arabie saoudite est un soutien militaire actif du gouvernement yéménite en guerre avec les rebelles houthis depuis 2014. Depuis juillet, les affrontements ont repris. Sur le territoire yéménite, les Houthis font état de 124 frappes depuis le 10 octobre.

Dimanche 11 octobre, les Houthis du Yémen ont revendiqué des « opérations d’envergure » contre des aéroports et des infrastructures énergétiques saoudiennes, à l’issue d’une série d’attaques. Au moins un mort et une dizaine de blessés ont été recensés par l’Autorité saoudienne de l’aviation civile. La fermeture de l’aéroport a été prolongée jusqu’à au moins 21h TU ce lundi, selon le site de suivi des vols Flightradar24.

La coalition dirigée par l’Arabie saoudite, qui combat les Houthis au Yémen, a ensuite annoncé avoir abattu un drone dans l’est du royaume. Un missile balistique des Houthis a en outre été intercepté alors qu’il se dirigeait vers Khamis Mushait, ville qui héberge une importante base militaire dans le sud de l’Arabie saoudite, a indiqué lundi 12 octobre le porte-parole militaire des Houthis.

 La veille, l’aéroport international de Riyad a également été visé, faisant au moins 13 morts et 309 blessés samedi, la plus meurtrière en dix ans dans le royaume.

L’ampleur des attaques visant Riyad ces derniers jours est inédite depuis le début en 2014 de la guerre au Yémen opposant les Houthis aux forces gouvernementales, qui bénéficient du soutien militaire d’une coalition conduite par l’Arabie saoudite depuis 2015.

Un responsable émirati appelle à renforcer la sécurité collective dans le Golfe

Un haut responsable émirati a appelé lundi les pays du Golfe à renforcer leur système de sécurité collective, après la série d’attaques des Houthis pro-iraniens du Yémen contre l’Arabie saoudite.

« Depuis le début de l’agression contre les pays du Golfe arabe, fondée sur l’erreur d’appréciation de l’agresseur qui les considère comme le maillon faible d’une guerre que nous avons cherché à éviter, il est devenu évident que nous sommes tous visés », a écrit le conseiller diplomatique du président émirati Anwar Gargash sur X, en affirmant que les attaques contre le royaume menaçaient la sécurité de l’ensemble de la région.

« Il est nécessaire de relancer l’action commune des pays du Golfe, notamment dans ses volets sécuritaire et défensif, et de renforcer le système de sécurité collective », a-t-il ajouté, en estimant que « les graves manquements constatés dans ce domaine ont encouragé d’autres à s’en prendre à nous ».

Au Yémen, les civils n’ont «plus d’espoir» face à l’intensification du conflit

Le gouvernorat de Marib, dans le centre du Yémen, est farouchement disputé. Les hydrocarbures de son sous-sol intéressent aussi bien les forces alliées au gouvernement reconnu soutenu par Riyad que ses opposants houthis.

Ce bastion gouvernemental a aussi vu affluer la majorité des 200 000 déplacés internes, aggravant une situation économique déjà critique, raconte un témoin au micro d’Aabla Jounaïdi, du service international de RFI.

Point de situation avec notre correspondant à Riyad , Joseph Clément

À la suite d’une offensive éclair au début du mois de septembre, la milice houthie s’était emparée du détroit de Bab el-Mandeb, la porte des exportations pétrolières saoudiennes vers l’Europe, ce qui n’a pas été au goût du royaume saoudien et a donc pressé le gouvernement yéménite de reprendre le chemin de la guerre contre les Houthis, malgré le cessez-le-feu conclu en 2022.

Atteints par les frappes aériennes saoudiennes, les Houthis ont alors décrété que l’espace aérien saoudien était fermé et ont entamé la campagne de bombardements contre les aéroports que l’on connaît depuis ces dernières semaines à Riyad.

Dans le pays, tout a été fait pour gommer l’intensification du conflit. Mais depuis la semaine dernière, la population prend conscience de la gravité des explosions avec les premiers morts et les très nombreux blessés qui sont arrivés dans les hôpitaux ces derniers jours. Le conflit est donc de plus en plus visible aux yeux de tous.

Un véritable défi posé à l’Arabie : une puissance régionale qui accueille ce mois d’octobre une série de conférences internationales d’importance.

Bonjour à toutes et à tous

Au lendemain de l’attaque contre l’aéroport de Riyad qui a fait 13 morts et 309 blessés, selon un bilan provisoire, la capitale saoudienne a de nouveau été visée, dimanche 11 octobre. Les Houthis ont également revendiqué plusieurs attaques contre les aéroports de Riyad et de Dammam ainsi que contre des installations énergétiques saoudiennes. Suivez sur rfi.fr les derniers développements.

Guerre au Yémen: deuxième journée d’attaques en Arabie saoudite, les Houthis revendiquent plusieurs frappes


rfi /Provinces26rdc.com

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