RDC-Ituri : de retour de Kampala, le gouverneur militaire appelle à privilégier le dialogue pour résoudre les conflits

Ce lundi 12 octobre 2026, le gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Gaby Kasongo Mulumba Batoka, a insisté sur la nécessité de privilégier le dialogue, la réconciliation et la coopération régionale pour parvenir à une résolution durable des conflits armés. Il l’a déclaré, à Bunia, chef-lieu de la province, à son retour de Kampala, en Ouganda.

Devant les professionnels des médias, l’autorité provinciale a expliqué avoir participé à la première conférence des chefs d’état-major de la défense africains, consacrée aux opérations militaires autres que la guerre. Ces assises ont permis aux responsables militaires d’échanger sur les défis sécuritaires auxquels plusieurs pays africains sont confrontés.

Selon le général-major Gaby Kasongo, les échanges ont notamment mis en évidence l’importance de compléter les efforts militaires par des initiatives politiques, sociales et diplomatiques afin de favoriser une paix durable.

« J’en retiens que la paix ne peut pas reposer uniquement sur l’action militaire, mais aussi sur le dialogue, la réconciliation, le développement et la coopération régionale », a-t-il déclaré.

En marge de cette conférence, le gouverneur militaire a également rencontré des ressortissants congolais vivant en Ouganda, particulièrement ceux originaires de l’Ituri. Au cours de ces échanges, il les a appelés à s’impliquer dans les efforts de pacification de leur province d’origine.

Il a précisé que les démarches visant à favoriser leur retour en République démocratique du Congo s’inscrivent dans le cadre de la mission lui confiée par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

« J’ai également rencontré nos compatriotes de la diaspora et tout particulièrement ceux de l’Ituri, auxquels j’ai lancé un appel à l’engagement pour la paix », a-t-il fait savoir.

S’adressant à la population de l’Ituri, le chef de l’exécutif provincial a également exhorté les habitants à renforcer l’unité, la cohésion sociale et la collaboration avec les forces de défense et de sécurité.

« À toute la population de l’Ituri, je lance un appel à l’unité, à la cohésion, à la vigilance et à la collaboration avec les forces de défense et de sécurité, car la paix, c’est une responsabilité collective », a-t-il insisté.

Il sied de noter que cette prise de position intervient dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant en Ituri, où plusieurs groupes armés restent actifs, notamment dans les territoires de Djugu, d’Irumu et de Mambasa. Malgré les opérations militaires engagées, les violences continuent d’affecter les populations civiles et de freiner les initiatives de stabilisation de la province.

Énième horreur en Ituri : 4 morts dans une attaque attribuée aux miliciens CODECO à Rhoo

-

Image d’illustration

Au moins quatre personnes ont été tuées dans une attaque attribuée aux miliciens de la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO), perpétrée tôt dans la matinée de ce lundi 12 octobre 2026, au site de déplacés de Rhoo et dans le groupement Buku, en chefferie des Bahema Nord, territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri.

D’après Charité Banza, président de la société civile de la chefferie des Bahema Nord, deux enfants figurent parmi les victimes de cette attaque, qui a également fait une femme enceinte blessée.

Parmi les personnes tuées figure également le collecteur principal de la chefferie des Bahema Nord, qui a été brûlé vif dans sa maison, située au siège administratif de cette entité coutumière, vers 6 heures du matin.

Outre les pertes en vies humaines, plusieurs maisons ont été incendiées et des biens appartenant à la population pillés par les assaillants dans le groupement Buku. La société civile précise que le bilan de quatre morts reste provisoire.

Selon la même source, des tirs se poursuivaient dans la zone au moment de son alerte, malgré l’intervention des Casques bleus de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).

Face à cette situation, plusieurs déplacés ont fui le site de Rhoo pour trouver refuge dans la base de la mission onusienne. La situation sécuritaire demeure préoccupante dans cette zone qui accueille des milliers de personnes ayant fui les violences armées.

Cette nouvelle attaque intervient quelques jours après celle perpétrée dans la nuit du jeudi 8 au vendredi 9 octobre dernier au village Maze, dans le même territoire de Djugu, où au moins onze civils avaient été tués lors d’une incursion également attribuée aux miliciens de la CODECO.

Ituri : le trafic perturbé sur le tronçon Bunia-Kasenyi à cause du délabrement de la route

-

Le trafic routier est fortement perturbé sur le tronçon Bunia-Kasenyi, en province de l’Ituri, en raison du délabrement avancé de cette route d’intérêt national. L’alerte a été lancée ce lundi 12 octobre 2026 par Mbijo Ngona Serge, président de l’Association des transporteurs et chargeurs du Congo (ATCC), qui appelle les autorités à intervenir urgemment pour réhabiliter cet axe.

Selon lui, la situation est particulièrement préoccupante à partir du pont Manze, où la route est devenue presque impraticable à certains endroits. Cet état de dégradation complique la circulation des véhicules et expose les transporteurs à des difficultés récurrentes dans l’exercice de leurs activités.

« C’est grave, il n’y a pas de route. Depuis le pont Manze, cette partie est tellement délabrée qu’elle est presque impraticable. Notre plaidoyer est que le gouvernement provincial ou national réhabilite cette route », alerte Mbijo Ngona Serge.

Le président de l’ATCC indique qu’une dizaine de véhicules seraient victimes d’incidents sur cet axe au cours d’une semaine. Il attribue cette situation, notamment, au manque d’entretien régulier de la route, estimant que les travaux de réhabilitation ne peuvent produire des résultats durables sans un mécanisme permanent de maintenance.

Il déplore également les difficultés auxquelles sont confrontés les transporteurs, alors que ces derniers, tout comme les commerçants, s’acquittent des taxes et autres droits exigés par l’État.

« Les transporteurs paient tout ce que le gouvernement exige, les commerçants aussi paient tous les droits de l’État. Comment les transporteurs peuvent-ils continuer à souffrir ainsi ? », s’interroge-t-il, plaidant pour une intervention rapide des autorités compétentes.

Face à cette situation, l’ATCC estime que l’asphaltage de la route constituerait une solution durable pour améliorer les conditions de circulation. L’association déplore par ailleurs l’avancement limité des travaux amorcés vers Mbogu, où seuls quelques mètres auraient été réhabilités.

Au-delà de la desserte locale, la route Bunia-Kasenyi revêt une importance stratégique pour les échanges commerciaux entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Elle facilite notamment l’acheminement des marchandises en provenance de Kampala vers plusieurs provinces congolaises, dont le Haut-Uélé, le Bas-Uélé et la Tshopo.

L’ATCC appelle ainsi les gouvernements provincial et national à prendre des mesures urgentes pour réhabiliter cet axe et assurer son entretien régulier, afin de faciliter la circulation des personnes et des marchandises et de limiter les pertes subies par les transporteurs.

Provinces26rdc.com

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*