Pourquoi le 1er mai est-il férié ?

A l’origine le 1er mai fut une journée annuelle de revendications et de grêve pour obtenir la réduction du temps de travail, et les ouvriers le payèrent parfois au prix fort – Aujourd’hui, la « Fête » du 1er mai est célébrée dans de nombreux pays du monde. Cependant, le Coronavirus dérangeant tout sur son passage, cette journée internationale du travail est par conséquence plutôt un « vendredi noir » sur toute la planète: Pas de défilés pour les syndicats, le fameux cortèges populaires autant festifs que revendicatifs n’auront pas lieu. La RDC en général et Kinshasa en particulier se passeront aussi de toutes ces activités cultes. Les masques chirurgicaux, alternatifs en l’occurrence en tissu volent la vedette aux traditionnelles banderoles.  

Lla journée du 1er mai sera cette année célébrée dans des circonstances un peu particulières, sans ses traditionnelles manifestations, en raison du confinement toujours en cours. Contrairement à d’autres jours fériés du calendrier, la fête du travail ne trouve pas ses origines dans des évènements historiques français, ou dans l’histoire religieuse du pays, mais dans la lutte des ouvriers américains.

Des origines américaines

La fête du Travail trouve ses origines outre-Atlantique. En 1884, des syndicats américains avaient décidé, pour revendiquer la journée de huit heures, de mener une journée d’action chaque 1er mai. Un choix symbolique, la date du 1er mai correspondant alors au premier jour de l’année comptable des entreprises. Le 1er mai 1886, une grève menée par près de 350.000 personnes paralyse les usines américaines.

Au final, la journée de huit heures sera obtenue, mais les heurts sociaux auront fait de nombreuses victimes. Le 3 mai, à Chicago, la police avait par exemple chargé la foule massée devant des usines et plusieurs ouvriers avaient trouvé la mort.

Sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l’un des condamnés, August Spies : « Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui ». Des mots appris par coeur par l’Internationale socialiste.

Pendant de nombreuses années, le 1er mai est donc une grande journée de revendications, le mot « fête » n’est pas encore prononcé, pour une raison très simple : ceux qui voulaient faire grève prenaient le risque de perdre leur place, puisqu‘à l‘époque il était encore possible de licencier quelqu’un pour ce motif. Il arrivait fréquemment que des salariés qui s’aventuraient à chômer le 1er mai ne retrouvent pas leur place à leur retour au travail.

Et si en 1920, la Russie bolchévique décide que le 1er mai sera désormais chômé et deviendra la fête légale des travailleurs, la plupart des autres pays prendront le temps pour la suivre.

En France, la grande vague de grèves du Front populaire doit d’ailleurs son déclenchement aux renvois d’ouvriers, les 2 et 3 mai 1936, parce qu’ils s‘étaient mis en grève le 1er mai. Elles vont marquer durablement l’imaginaire français. D’elles viendront la semaine de 40h, les premières semaines de congés payés et de la reconnaissance du droit syndical.

C’est le gouvernement de Vichy, en pleine occupation allemande, espère ainsi se rallier les ouvriers, qui l’institue « Fête du travail », elle deviendra fériée 6 ans plus tard.

Aujourd’hui, la Fête du Travail est commémorée par un jour chômé dans la plupart des pays d’Europe à l’exception notamment de la Suisse et des Pays-Bas. En Allemagne, le 1er mai est chômé, et c’est l‘œillet rouge à la boutonnière qui est de mise. Le 1er mai est aussi fêté en Afrique du Sud, en Amérique Latine, en Russie. Au Japon elle est célébrée le 23 novembre, jour férié. Au Royaume-Uni, c’est le premier lundi de mai qui est fêté. Étonnamment, aux Etats-Unis, le « Labor Day » est célébré le premier lundi de septembre, et non en mai, en mémoire d’un autre épisode de la répression ouvrière.

Les masques ont confiné les banderoles 

La journée internationale du travail est zappée. Des défilés à la place du cinquantenaire n’auront pas lieu cette année bissextile pareil dans d’autres villes du Congo profond. Halte aux messages pour célébrer cette fête et revendiquer quoi que ce soi. Les masques de tout type prennent le dessus sur les banderoles.

A la place, des sorties médiatiques dans toutes les quatre langues nationales ou un simple communiqué appelant au non licenciement des employés par leurs employeurs suite au Coronavirus, pas plus pas moins. Des mesures à suivre à la lettre plus chez les privés étrangers qui, au vu et au su de tous, boudent, foulent aux pieds un bon nombre de décisions prises par les autorités du pays.

Depuis le 18 mars dernier, jour sacré des mesures draconiennes assaisonnées du 24 mars, où l’État d’urgence sanitaire a été décrété par le président de la RDC, Félix-Antoine Tshisekedi, plusieurs lieux de travail ont été perturbés.

L’Essentiel / Cameplus /provinces26rdc.net

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