Meeting de la coopération militaire RDC-Angola : Une démonstration de force ou une mise en danger de l’intégrité de la RDC ?

Le meeting aérien annoncé en grande pompe par le porte-parole des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), le général Richard Léon Kasonga, a vécu. Ce vendredi 20 novembre 2020, deux avions des Forces armées angolaises (FAA) ont survolé quelques communes de Kinshasa.

L’événement était attendu par les habitants de la capitale congolaise. Seule une frange partie d’entre elle l’a réellement apperçu. Les organisateurs eux, semblent avoir atteint leur objectif.

C’est le moins que l’on puisse dire au regard de la sérénité affichée par quelques officiels congolais dont François Beya, Conseiller spécial en matière de sécurité du Chef de l’Etat, et des hauts officiers qui ont fait le déplacement de l’aéroport international de N’djili.

Sur place, ils ont assisté à l’atterrissage des deux avions de chasse des FAA en présence d’une délégation angolaise. Sur les images diffusées en direct à la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), on pouvait apercevoir les pilotes de l’armée congolaise s’entretenir avec les officiels congolais au pied d’avions, une manière pour eux de célébrer l’entente entre les deux forces armées.

Si cette cérémonie ne signifie pas grand-chose pour le commun des mortels, il n’en est pas de même pour les autorités des deux pays. En effet, cette parade aérienne intervient après la visite lundi dernier du Président congolais Félix Tshisekedi en Angola, où il serait allé solliciter un appui militaire et diplomatique, dans un contexte intérieur très tendu, avec la crise institutionnelle qui oppose sa famille politique le CACH, à son partenaire de coalition, le FCC de l’ancien président Joseph Kabila. Félix Tshisekedi avait sollicité davantage de soutien de la part du Président angolais dans ses démarches.

Ainsi, la RTNC, qui a couvert la parade en direct, n’a pas cessé de présenter la parade comme un « avertissement », contre tout ennemi qui menacerait l’intégrité du pays.

Une mise en danger de l’intégrité de la RDC

Mais pour certains acteurs politiques, comme l’ancien candidat à la présidentielle de 2018, Seth Kikuni, cette parade a davantage mis en danger de l’intégrité de la RDC vis-à-vis de ses ennemis.

Une force aérienne sous-équipée et incapable d’assumer ses responsabilités

Par ailleurs, ce qui a le plus frappé la population kinoise lors de cette parade fut l’absence d’avions de combat de la force aérienne des FARDC.

Helas, comme les autres branches des FARDC, l’armée de l’air congolaise n’est pas en mesure d’assumer ses responsabilités. Peu d’aéronefs de l’armée de l’air sont actuellement pilotables ou capables d’être remis en service et il n’est pas clair si l’Armée de l’air est capable de maintenir des aéronefs, même peu sophistiqués.

Selon Jane’s, le site spécialisé en renseignement sur les thèmes de la défense, la sécurité des pays, l’école de pilotage de l’armée de l’air est « dans un désarroi quasi total », bien que la Belgique ait proposé de redémarrer le programme de formation des pilotes de l’Armée de l’Air.

Par ailleurs, toujours d’après ce site, ce sont des entreprises militaires privées étrangères qiui auraient été engagées pour fournir la capacité de reconnaissance aérienne de la RDC à l’aide de petits avions à hélices équipés d’équipements sophistiqués. Jane’s déclare que ce sont les avions de combat de la Force de défense aérienne du peuple d’Angola seraient mis à disposition pour défendre Kinshasa en cas d’attaque…

« La politique des paranoïaques »

Du côté Front Commun pour le Congo FCC, plateforme politique de Joseph Kabila, cette campagne semble déranger. Après la réaction de Papy Tamba, un des communicateurs du FCC, c’est le professeur Kikaya Bin Karubi, proche de Joseph Kabila et membre du FCC, de s’interroger sur la nécessité de cette campagne.

D’après lui, cette campagne ne servira à régler aucun problème sécuritaire en RDC, en évoquant le cas de la Syrie.

Patrick Civava, le Président de l’Alliance des Démocrates pour une Nouvelle République (ADN), estime, pour sa part, que c’est un acte irresponsable. Pour lui, c’est là où les Congolais meurent qu’on a besoin de voir des avions militaires.

« J’aurais bien aimé que ce meeting aérien se fasse à l’Ituri, au Nord et au Sud Kivu, là où le peuple Congolais meurt tous les jours », regrette-t-il, avant d’indiquer que faire une telle démonstration à Kinshasa est une « moquerie supplémentaire ». « C’est comme ci on frappe les enfants au salon et le Papa pratique des arts martiaux dans la chambre tout en refusant de sortir au salon », ironise-t-il, avant de finir par s’interroger « Y a-t-il plus fort que de l’irresponsabilité dans cet acte ? »

Mais pour Noël Tshiani, lui aussi ancien candidat à la présidentielle de 2018, cette démonstration a atteint son objectif d’empêcher toute velléité de déstabilisation de la RDC que pourrait avoir certaines personnes.

Seth Kikuni
@sethkikuni
Comment peut-on laisser la force aérienne d’un pays voisin survoler la capitale sous pretexte de parade à laquelle aucun avion congolais n’a participé probablement faute de carburant. Comment peut-on exposer le pays à ce point?

Barnabé Kikaya Bin Karubi
@kikayabinkarubi
#RDC La politique des muscles, le propre des paranoïaques. Cela fait neuf ans que des avions de chasse bombardent la Syrie. Hafez el Assad est tjrs au pouvoir, le pays est totalement détruit, les syriens dispersés à travers le monde. Delenda Carthago? Pour quel objectif?

Noel K. Tshiani Muadiamvita
@NoelKTshiani
Les avions militaires feront la parade dans le ciel de Kinshasa aujourd’hui. Ils feront très peur à l’autre là. Ne nous arrêtons pas là. Le plus important sera de désarmer tous les criminels qui détiennent des armes pour menacer la stabilité des institutions de la RDC. @fatshi13

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