RDC : 60 ans après l’assassinat de Lumumba: ce qu’il faut savoir de l’enquête ouverte en 2011

Frédéric Van Leeuw, procureur fédéral belge a affirmé à travers une interview accordée à RFI que cette enquête est toujours ouverte.
“Cette enquête est très particulière puisqu’il s’agit d’enquêter sur des faits qui ont été commis, en dehors du territoire belge, au Katanga. Ce sont aussi des faits qui ont été commis il y a très longtemps. Les témoins ont évidemment disparu ou sont décédés”, a-t-il dit. Pour lui, ” il s’agit essentiellement d’examiner des documents, d’attendre que les archives soient accessibles au public, comme les archives de la CIA par exemple pour éplucher les archives afin d’établir des responsabilités dans le cadre de cette enquête”.

Au sujet des personnes mises en cause au début de cette enquête, Frédéric Van Leeuw renseigne que Ces personnes sont mises en cause par la partie civile et donc l’enquête a été mise à l’instruction par un juge d’instruction qui instruit à charge et à décharge.

La Cour d’appel de Bruxelles, après débats, a reconnu qu’il s’agissait en fait de crimes de guerre qui étaient imprescriptibles. Selon lui, Symboliquement, c’est déjà très important que l’assassinat de Patrice Lumumba et de ses deux collègues soit reconnu comme un crime de guerre et que l’on pouvait encore toujours enquêter là-dessus. Sinon, on aurait dû clôturer le dossier au moment où la plainte était déposée.

Il martelle également que c’est une enquête qui avance, que c’est une enquête difficile.

“Comme je l’ai dit, ce sont des faits qui se sont passés il y a 60 ans, où il n’y a plus beaucoup de témoins non plus. C’est aussi une enquête qui dépend de l’accessibilité de toute une série d’archives dont par exemple les archives de la commission parlementaire avec des auditions qui ont été passées à huis clos et auxquelles le juge d’instruction a demandé l’accès ou encore des archives qui se trouvent à l’ONU auxquelles le juge d’instruction a également demandé l’accès”, a-t-il indiqué.

Et d’ajouter:

“Il faut donc trouver des éléments, avant d’engager la responsabilité d’une personne. C’est un dossier compliqué et c’est le gros problème aussi de beaucoup de dossiers que l’on appelle de droit international humanitaire pour lesquels, souvent, on ne peut mener l’enquête que des années après, lorsqu’il y a aussi une certaine évolution dans les mentalités et quand les documents sont accessibles. Ici, je parlais des archives de la CIA mais il y a d’autres archives aussi. Les archives de la CIA ne sont accessibles que depuis 2007 et c’est là-dedans que l’on a eu la confirmation qu’il y avait effectivement un projet aussi du directeur de la CIA, Allen Dulles, à l’époque, d’assassiner Patrice Lumumba parce qu’il s’était tourné vers l’URSS au moment où le Katanga avait voulu faire sécession avec l’appui de la Belgique“.

En ce qui concerne la restitution symbolique de Lumumba, Il indique que la famille la souhaite et c’est d’abord avant tout à elle de décider pour donner un caractère symbolique à cette restitution, en accord avec les autorités congolaises.

En outre le procureur général belge renseigne qu’il y a actuellement des discussions au niveau des Affaires étrangères par rapport à ce sujet, étant entendu que c’est le souhait de la famille et egalement pour savoir ce qui va être décidé entre les autorités congolaises et les autorités belges, par rapport à cette restitution.

Rappelons que 60 ans après l’assassinat de Patrice Emery Lumumba à Élisabeth ville actuelle Lubumbashi la vérité est loin d’éclater . “Les autorités katangaises, congolaises mais aussi la Belgique et les États-Unis ont joué à des degrés divers un rôle dans cette exécution”. Depuis 2011, une enquête était ouverte par la justice belge pour crime de guerre. Parmi les dix personnes mises en cause par la famille, deux sont encore vivants.


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