Près de 50 dirigeants du continent européen se sont rassemblés jeudi en Espagne pour tenter d’afficher leur unité. Un sommet “en demi-teinte” marqué par l’absence de l’Azerbaïdjan, mais au cours duquel Zelensky a obtenu de nouvelles promesses d’aide militaire, alors que l’Europe redoute un repli du soutien américain.
“Éviter les fissures sur le continent européen face à l’agression russe contre l’Ukraine et écarter le spectre d’une perte de soutien à Kiev.” Tels étaient les principaux sujets de discussion du sommet de la Communauté politique européenne (CPE) à Grenade, auquel participaient, le jeudi 5 octobre, une quarantaine de dirigeants européens réunis autour de Volodymyr Zelensky, résume El País.
Alors que la crise politique à Washington fait craindre une réduction du soutien américain à l’Ukraine, les chefs d’État européens ont envoyé comme signal un accroissement de l’aide militaire à Kiev. “Le président ukrainien Zelensky a pu engranger quelques promesses d’aide militaire supplémentaire, à l’issue de ‘bilatérales’ avec ses homologues espagnol, allemand et d’autres”, rapporte Le Soir. “Nous aurons plus de défense aérienne – les accords sont clairs. C’est très important avant l’hiver. Espagne, Italie, France, Allemagne, Grande-Bretagne, merci !” a dit Volodymyr Zelensky dans son message du jour diffusé sur les réseaux sociaux.
Le chef de l’État ukrainien a notamment reçu de Berlin la promesse d’un nouveau système américain de défense antiaérienne Patriot. L’Allemagne fera “tout” pour que “l’Ukraine puisse se protéger de la terreur des roquettes de Poutine”, a assuré dans la soirée la ministre des Affaires étrangères allemande, Annalena Baerbock.
Zelensky a rappelé qu’il se trouvait mardi à Kharkiv, “à trois minutes de vol pour un missile S-300”, non loin du village de Hroza, où 51 civils ont été tués jeudi par un missile russe. “Il nous faut une défense antiaérienne plus forte, certainement avant l’hiver”, a lancé le président ukrainien.
Zelensky renforcé par le flop sur le Haut-Karabakh
“Notre plus grand défi est de préserver l’unité en Europe”, a aussi affirmé jeudi Zelensky, qui est apparu vêtu de sa “chemise vert olive”, “la voix rauque” et “les traits tirés”, rapporte la Süddeutsche Zeitung. Le président ukrainien a “donné le ton de cette réunion”, véritable “sommet de crise”, qui se déroule à la fois en pleine guerre en Ukraine “mais aussi au moment où d’autres conflits éclatent à nouveau aux marges de l’Union européenne”, remarque le quotidien allemand.
À Grenade, la visibilité de Zelensky “a été renforcée par le fait que le sommet n’a pas permis de rencontre entre le président de l’Azerbaïdjan et le premier ministre d’Arménie à propos du Haut-Karabakh”, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev ayant “boudé la réunion”, remarque Le Temps. Cette rencontre devait pourtant être l’un des points d’orgue de ce sommet de la CPE, deux semaines après l’offensive éclair des forces azerbaïdjanaises qui a poussé la quasi-totalité de la population arménienne à fuir le Haut-Karabakh. “Autre absent : le président turc, Recep Tayyip Erdogan”, note le quotidien suisse. “De quoi fragiliser la raison d’être de la CPE.”
Le journal rappelle que cette instance informelle a été créée “sous l’impulsion du président français, Emmanuel Macron, après le début de l’invasion russe de l’Ukraine”, avec “pour mission de resserrer les liens entre Européens, qu’il s’agisse des 27 États membres de l’Union, des pays partenaires, des candidats ou du Royaume-Uni.”
“Ce sommet de la CPE un peu boiteux et en demi-teinte, sans médiation entre pays en conflit, a paradoxalement permis [à Zelensky] de rester au cœur des préoccupations”, conclut Le Temps
Courrier international/Provinces26rdc.com
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