À La Haye, Ngefa ouvre le premier round contre Kigali

Le ton a été donné dans le marbre de la Cour internationale de Justice (CIJ). Pour la première fois depuis le dépôt de la requête du 26 juin 2026, Kinshasa et Kigali se sont assis à la même table. Et c’est Guillaume Ngefa qui a mené la délégation congolaise devant le prétoire.

Dans sa double casquette de ministre de la Justice et de co-agent de la RDC, Ngefa avait une mission : poser le cadre avant d’attaquer le fond. Autour de lui, l’ambassadeur Christian Ndongala, agent de la RDC, et Me Ivon Mingashang, co-agent. Une équipe compacte pour un premier test diplomatico-juridique majeur. Face aux Congolais, le ministre rwandais de la Justice conduisait, pour sa part, la délégation de Kigali.

En ma qualité de ministre de la Justice et garde des Sceaux de la République démocratique du Congo, et de co-agent de la RDC auprès de la Cour internationale de Justice, j’ai conduit la délégation congolaise à la réunion des parties au différend introduit par la République démocratique du Congo contre la République du Rwanda, a-t-il écrit sur X le mercredi 22 juillet.

Il n’était pas question, ce jour-là, a-t-il précisé, de parler des massacres, ni des groupes armés, ni de la responsabilité de chacun dans l’est. La CIJ a verrouillé le débat. L’ordre du jour était technique : calendrier, délais de dépôt des mémoires et échanges de pièces.

 Un round de procédure 

Même sans aborder le fond, ce premier round est un symbole. En venant à La Haye, Kinshasa choisit le droit pour dire ce que les armes n’ont pas réglé. Les échanges ont donc été purement procéduraux. Il fallait fixer la feuille de route : à quelle date la RDC déposera ses écritures ? Quand Kigali répondra-t-il ? Quelles seront les règles pratiques du débat ? Rien de plus.

La séance s’est déroulée sous la présidence du président de la Cour internationale de Justice, avec le greffe comme témoin. Le règlement a été respecté à la lettre. Aucune sortie du cadre. Le combat de fond est renvoyé à plus tard.

Historique donc. Pour la première fois, la RDC traîne officiellement le Rwanda devant la plus haute juridiction internationale pour les actes de violences commis par ses troupes dans l’est du pays. Ce n’est plus donc de la dénonciation, c’est désormais du droit. Et c’est Ngefa qui a dégainé. L’action prouve la détermination de Kinshasa de gérer cette crise sur le terrain judiciaire, et non uniquement dans le cadre de la diplomatie régionale.

 Un bras de fer 

Alors que plusieurs rapports d’organisations internationales, d’ONG, de l’Union européenne et des Nations unies ont documenté la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, des accusations continuent de viser Kigali. Ces rapports évoquent notamment des violences, des exactions et des violations des droits humains commises dans cette partie du pays.

Par ailleurs, les déclarations du président rwandais, Paul Kagame, ont également alimenté les débats sur l’implication de son pays dans la crise congolaise. Pour Kinshasa, ces éléments renforcent la nécessité de porter le dossier devant les instances judiciaires internationales. En clair, l’administration Tshisekedi espère obtenir une réponse juridique à un conflit qui dure depuis plusieurs années.

Désormais, la balle est dans le camp de la Cour. Elle devra rendre une ordonnance fixant les prochaines étapes de la procédure. Le texte déterminera le chronogramme des prochains mois.

Pour Guillaume Ngefa, le message envoyé depuis La Haye dépasse le simple cadre procédural. Kinshasa décide de mener cette bataille face à Kigali et défendra sa position jusqu’au bout. « Le gouvernement de la RDC demeure pleinement engagé dans la défense de ses droits. Kinshasa ira jusqu’au bout, même si le chemin est long », a-t-il prévenu.

Même si le débat sur le fond n’a pas encore commencé, le Rwanda rejoint l’Ouganda sur le banc des accusés. Le régime Kagame réfléchira deux fois sur sa politique hégémonique. Ce premier round ne départage personne. Il organise jusque-là le déroulement du futur procès.


Ouragan / Provinces26rdc.com

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