A moins d’un mois de son départ, Donald Trump offre de nouvelles grâces à ses alliés

Paul Manafort, l’ex-directeur de campagne de Donald Trump, le controversé Roger Stone et le père de Jared Kushner sont notamment concernés par ces grâces. Des actions dénoncées par les démocrates.

Des personnalités mises en cause dans l’enquête russe, le père de son gendre et conseiller Jared Kushner… Donald Trump a accordé mercredi une nouvelle salve de grâces présidentielles controversées, qui ont provoqué l’indignation jusque dans son propre camp. La Maison-Blanche a dévoilé dans la soirée une liste de près de trente grâces et autres mesures de clémence.

Parmi les bénéficiaires figurent Paul Manafort, ex-directeur de campagne de Donald Trump en 2016 et son ancien conseiller Roger Stone: deux personnalités mises en cause dans l’enquête sur l’ingérence russe dans la présidentielle américaine, lors de laquelle Trump avait été élu. «Les mots sont insuffisants pour exprimer toute notre reconnaissance», a salué Paul Manafort sur Twitter.

Ce dernier purgeait une peine de sept ans et demi de prison pour diverses fraudes débusquées dans le cadre de l’enquête du procureur Mueller, deux années d’investigation sur une possible collusion entre la Russie et l’équipe Trump. Il avait été placé en résidence surveillée en mai en raison de l’épidémie de coronavirus.

Le père de Jared Kushner, son jeune gendre et conseiller, figure aussi dans la liste publiée mercredi par l’exécutif américain. Charles Kushner avait été condamné en 2004 à deux ans de prison pour des malversations fiscales.

«Une autre bande de criminels de son gang»

Mais Donald Trump a aussitôt été accusé de recourir – une fois de plus – de façon abusive au droit de grâce: fin novembre, il avait déjà gracié Michael Flynn, son ancien conseiller à la sécurité nationale , également mis en cause dans la même affaire russe. «Pourri jusqu’à la moelle», a fustigé le sénateur Ben Sasse, un républicain.

«Trump vient de gracier une autre bande de criminels de son gang», a dénoncé l’élu démocrate du Texas Lloyd Doggett sur Twitter.

«Ce spectacle est toujours révoltant. Et c’est loin d’être fini!», a critiqué David Axelrod, ancien conseiller de Barack Obama.

Des grâces préventives pour ses enfants évoquées
Le président américain avait déjà annoncé mardi soir une quinzaine de grâces et cinq autres mesures de clémence, qui bénéficiaient notamment à quatre ex-agents de la sulfureuse société de sécurité privée Blackwater, reconnus coupables du meurtre de quatorze civils irakiens en 2007 à Bagdad.

La Maison-Blanche a affirmé que les quatre hommes, tous anciens militaires, avaient «un long passé de service à la nation». Mais à Bagdad, l’officier de police irakien qui a mené les enquêtes sur la fusillade a exprimé son indignation. «Je m’en souviens comme si c’était hier», a déclaré à l’Agence France Presse (AFP) Fares Saadi. «Je savais que nous ne verrions pas la justice.»

«Tout ceci me donne envie de vomir», a jugé l’ancienne sénatrice démocrate Claire McCaskill, qui siégeait à la commission des Forces armées de la Chambre haute. «Cette grâce déshonore notre armée de façon indicible.» Pour le groupe anticorruption Citizens for Responsibility and Ethics in Washington (CREW), «le message de Trump est clair: la justice ne s’applique pas à vous si vous lui êtes loyal».

Donald Trump envisagerait également, selon la presse américaine, d’accorder une grâce préventive à ses enfants, à Jared Kushner et à son avocat personnel Rudy Giuliani, avant de quitter la Maison-Blanche en janvier. Le milliardaire aurait aussi évoqué l’éventualité de se gracier lui-même de crimes pour lesquels il pourrait être poursuivi en relation avec son mandat. En 2018, il avait affirmé avoir «le droit absolu» de prendre cette mesure, qui serait un précédent.

Trump met son veto au budget de la défense

Donald Trump multiplie les actions et les blocages avant la fin de son mandat. Il a mis mercredi son veto au budget de la défense des Etats-Unis. Le texte avait été adopté par le Congrès américain à une majorité écrasante, ce qui devrait lui permettre de passer outre l’opposition du président.

«Malheureusement, ce texte de loi n’inclut pas des mesures cruciales pour la sécurité nationale » et «va à l’encontre des efforts de mon gouvernement pour mettre l’Amérique d’abord en matière de sécurité nationale et de politique étrangère», dit le président Donald Trump dans son message officiel au Congrès. Il a évoqué un «cadeau à la Chine et à la Russie».

Il renvoie donc le texte aux deux chambres du Congrès, qui ont la possibilité de passer outre le veto présidentiel en le revotant à la majorité qualifiée. Si les élus qui l’ont adopté confirment leur vote initial, le texte deviendra loi malgré l’opposition de Donald Trump, une première dans son mandat de quatre ans à la Maison-Blanche.

Le budget de 740,5 milliards de dollars pour la défense des Etats-Unis en 2021, approuvé par les deux chambres du Congrès il y a deux semaines, prévoit notamment une hausse de 3% du salaire du personnel de défense. Mais le milliardaire républicain avait menacé d’y mettre son veto notamment parce que le texte n’inclut pas l’abolition d’une loi, dite «article 230», protégeant le statut juridique des réseaux sociaux, qu’il accuse d’être biaisés contre lui.


AFP / Le Temps /provinces26rdc.net

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