La décision du gouvernement canadien de prolonger jusqu’au 27 novembre 2026 les mesures exceptionnelles prévues par le décret visant à réduire le risque d’exposition à la maladie Ebola continue d’entraîner des répercussions sur de nombreux ressortissants congolais. Plusieurs demandes d’immigration et documents de voyage demeurent suspendus, plongeant étudiants, travailleurs et familles dans une attente qui s’éternise.
Si les autorités canadiennes précisent qu’aucune démarche particulière n’est requise de la part des personnes concernées, les conséquences de cette suspension se font sentir au quotidien. Pour de nombreux Congolais ayant des projets d’études, d’emploi ou de regroupement familial au Canada, l’incertitude devient de plus en plus difficile à supporter.
Parmi les personnes affectées figurent des étudiants qui craignent de voir leur parcours académique compromis. Alors que les cours ont déjà débuté dans plusieurs établissements canadiens, certains restent bloqués à Kinshasa dans l’attente d’une évolution de leur dossier.
« Les cours ont déjà commencé au Canada. Je suis toujours bloquée à Kinshasa alors qu’on nous parle d’Ebola. Pourtant, il n’y a même pas de cas ici à Kinshasa. Je risque de perdre mon année pour une situation dont je ne suis pas responsable », témoigne une étudiante concernée.
Les résidents temporaires font également face à des difficultés importantes. Les reports successifs de voyage entraînent des pertes financières parfois considérables, entre l’achat de nouveaux billets d’avion et les frais liés aux modifications de réservation.
« J’avais acheté un premier billet en juin. Il a été perdu. J’en ai racheté un autre en août. En septembre, j’ai encore payé des pénalités pour modifier la date. Aujourd’hui, je suis toujours bloqué. J’ai perdu beaucoup d’argent et je risque même de perdre mon emploi au Canada », explique un voyageur affecté par la mesure.
Au-delà des études et de l’emploi, les restrictions pèsent également sur la vie familiale. Certains parents craignent de manquer des événements importants qu’ils avaient prévu de partager avec leurs proches installés au Canada.
« Mon fils va recevoir son diplôme et je devais assister à sa collation de grade. C’est un moment unique pour une mère. Malheureusement, je suis toujours ici et je ne sais pas si je pourrai voyager à temps », confie une mère de famille.
Étudiants, travailleurs, touristes et familles sont aujourd’hui confrontés aux mêmes incertitudes. Tous espèrent une levée rapide des restrictions qui affectent leurs déplacements et retardent des projets parfois préparés depuis plusieurs mois. En attendant une éventuelle évolution de la situation, leurs démarches d’immigration et de voyage restent suspendues jusqu’à nouvel ordre.
Radio Okapi / Provinces26rdc.com
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