Décès de Miguel Masaïsaï : la LUCHA RDC-Afrique appelle la jeunesse congolaise à poursuivre son combat pour la paix

La disparition de Miguel Masaïsaï continue de susciter des réactions en République démocratique du Congo. Le jeune cycliste congolais, originaire de Goma, est décédé vendredi 18 septembre 2026 dans un accident de circulation près de Ouesso, dans le nord du Congo-Brazzaville, alors qu’il poursuivait son périple à vélo vers Rabat, au Maroc. Sa mort intervient alors qu’il portait, à travers son initiative « Pedals for Peace », un message de paix et d’unité au-delà des frontières congolaises.

Au sein du mouvement Lutte pour le changement (LUCHA RDC-Afrique), cette disparition est vécue comme celle d’un jeune qui avait choisi le sport comme moyen de sensibilisation. Dans une interview exclusive accordée à la rédaction d’Opinion-info.cd ce samedi 19 septembre, Espoir Aspirine, membre de ce mouvement pro-démocratie, estime que Miguel représentait une jeunesse consciente de sa capacité à contribuer autrement à la recherche de la paix. « Nous avons perdu une personne d’une importance très, très capitale », a-t-il déclaré.

Pour Espoir Aspirine, l’engagement de Miguel répondait notamment à la nécessité de sensibiliser la jeunesse et de l’amener à prendre conscience de son rôle dans la société. Il considère ainsi que la disparition du cycliste constitue une perte importante pour ceux qui partageaient cette vision. « Quand nous perdons un jeune qui avait déjà pris conscience, qui avait compris qu’il pouvait contribuer à la restauration de la paix à l’Est à travers son vélo, le perdre comme ça, d’une manière tragique, ça nous fait en tout cas profondément très mal », a-t-il témoigné.

Pour la LUCHA RDC-Afrique, la meilleure manière de rendre hommage au jeune cycliste ne serait donc pas seulement de se souvenir de son parcours, mais de poursuivre le message qu’il portait. « C’est pourquoi nous pensons que la meilleure façon de demeurer sa mémoire, la meilleure façon d’honorer tout ce qu’il avait fait, tout ce qu’il faisait, c’est de continuer », a déclaré Espoir Aspirine, appelant à poursuivre les actions en faveur de la paix.

Dans son témoignage, celui-ci élargit également cet appel à la jeunesse africaine. Il rappelle que l’initiative de Miguel dépassait les seules frontières de la RDC. « Il pédalait pour la paix, pour faire comprendre au monde, pour faire comprendre à l’Afrique en général que les Congolais, particulièrement ceux de l’Est, ont aussi besoin de la paix et ont droit à la paix, puisque la paix fait partie des droits fondamentaux de l’être humain », a-t-il souligné.

Espoir Aspirine estime par ailleurs que l’expérience de Miguel montre que le sport peut servir de moyen d’expression et de sensibilisation. Il appelle notamment les autorités et les responsables du cyclisme à davantage accompagner les jeunes qui souhaitent porter de telles initiatives. « Miguel nous a fait comprendre que grâce au vélo, on peut aussi hausser la voix et faire en sorte que cette voix soit entendue », a-t-il déclaré, avant d’appeler le gouvernement congolais et la Fédération congolaise de cyclisme à continuer à motiver et à accompagner les jeunes dans leurs initiatives.

Le décès de Miguel Masaïsaï met ainsi brutalement fin à un périple qui devait encore le conduire vers le Cameroun, l’Afrique de l’Ouest, puis Rabat. Sa famille a confirmé sa disparition après l’identification de la dépouille retrouvée à la suite de l’accident survenu dans le nord du Congo-Brazzaville. Pour Espoir Aspirine, le parcours sportif et le message du jeune cycliste doivent désormais servir de point de départ à d’autres initiatives : « Il y aura toujours besoin d’accompagner ces jeunes dans telle ou telle autre initiative. »

Miguel Masaïsaï avait lancé, le 1er mai 2026, depuis Goma, son initiative « Pedals for Peace », avec l’ambition de relier sa ville natale à Rabat, au Maroc, sur un parcours d’environ 14 000 kilomètres à travers plusieurs pays africains. Après 67 jours de route, il avait atteint Kinshasa le 5 août, avec plus de 6 500 kilomètres parcourus à vélo. Le 6 septembre, il avait quitté Kinshasa pour poursuivre son aventure au Congo-Brazzaville.

Ce périple n’était pas son premier grand défi sportif. En 2025, Miguel avait déjà effectué une traversée reliant Goma à Cape Town, en Afrique du Sud, en passant notamment par le Rwanda, la Tanzanie, la Zambie, le Botswana et la Namibie. À travers ses différentes initiatives, il avait fait du vélo un moyen de porter un message en faveur de la paix et de l’unité, particulièrement pour les populations de l’Est de la RDC.

À Kinshasa, son arrivée avait également été présentée comme une étape de plaidoyer en faveur de la paix. Devant des jeunes, Miguel avait expliqué que son aventure était guidée par « le message de la paix, du respect et de l’unité de la jeunesse africaine ».

 


Opinion Info / Provinces26rdc.com

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