Ce vendredi 16 janvier 2026- Soixante-cinq ans après son assassinat, Patrice Emery Lumumba demeure une conscience qui juge la nation congolaise. En cette date hautement symbolique, l’ambassadeur PCA Jean-Thierry Monsenepwo, cadre de l’Union sacrée de la Nation, a livré une réflexion politique profonde et sans complaisance sur la question du dialogue en République démocratique du Congo.
Aux côtés des camarades de la CCU et de son maître politique Lambert Mende, Jean-Thierry Monsenepwo convoque la mémoire de Lumumba pour interroger la responsabilité historique de la classe politique congolaise.
“Soixante-cinq ans après son assassinat, Patrice Emery Lumumba demeure une conscience qui nous juge”.
Et de poser une question centrale, à la fois dérangeante et nécessaire : “Si Lumumba revenait aujourd’hui, serait-il fier de nous ? Fier de notre classe politique ? Fier de ce que nous avons fait de la République démocratique du Congo ?”
Alors que le mot dialogue est sur toutes les lèvres, Jean-Thierry Monsenepwo appelle à la lucidité et à la rigueur politique.
“Oui, le dialogue. Mais avec qui ? Et pour quoi faire ?”
Pour le cadre de l’Union sacrée, il est impératif de remettre le débat à sa juste place. “Il n’existe aujourd’hui en RDC aucune crise de légitimité ni de légalité. Le Chef de l’État tient son mandat du peuple congolais. Il est un homme de dialogue et un homme de paix ; il l’a prouvé et démontré”.
Selon lui, la crise que traverse le pays est avant tout sécuritaire. “La crise actuelle est une crise sécuritaire, née d’une agression extérieure avérée, portée par le Rwanda, avec comme bras armé et actionnaire local l’AFC/M23.”
Dès lors, il met en garde contre toute confusion stratégique : “Comment être certain que dialoguer avec ces forces ne revient pas à exécuter l’agenda de Kigali ?”
Jean-Thierry Monsenepwo s’interroge également sur le positionnement du camp de l’ancien président Joseph Kabila.
“Le camp de Joseph Kabila, à travers le FCC et Sauvons le Congo, apparaît aujourd’hui plus proche que jamais de l’AFC/M23.”
Et de poursuivre : “Peuvent-ils réellement parler au nom du Congo et pour le peuple congolais ?”
Concernant les confessions religieuses, le cadre de l’Union sacrée estime que la neutralité de certaines structures est aujourd’hui sujette à caution. “La neutralité de la CENCO et de l’ECC est sérieusement mise à mal.”
Il cite notamment les prises de position publiques de Monseigneur Fulgence Muteba. “Reconnaître publiquement que le pays agresseur soutient des démarches censées aider la RDC, puis évoquer un prétendu contrat de 99 ans avec les États-Unis, inexistant, relève d’une manœuvre visant à discréditer les efforts diplomatiques du gouvernement.”
Selon plusieurs analystes, cette posture trouverait aussi son origine dans les conséquences financières de la gratuité de l’enseignement instaurée depuis 2019.
“Une réforme saluée par des millions de Congolais, mais qui a objectivement affecté les finances de l’Église. Dès lors, où est la neutralité ?”
Jean-Thierry Monsenepwo évoque ensuite l’opposition politique. Il reconnaît à Martin Fayulu le mérite d’avoir condamné l’agression contre la RDC, tout en regrettant son enfermement politique.
“Martin Fayulu demeure prisonnier d’un narratif figé qui l’empêche de fédérer au-delà de son cercle politique. Un clivage stérile, nuisible à lui-même et à son camp”.
À propos de Moïse Katumbi, il parle d’une auto-exclusion volontaire.
“Moïse Katumbi s’est retranché hors du pays, s’auto-excluant sur fond d’une simple invitation de l’Autorité de l’aviation civile, alors même qu’il n’était inquiété par aucune procédure judiciaire.”
Il sied de noter qu’en conclusion, Jean-Thierry Monsenepwo revient à l’essence du combat lumumbiste : la souveraineté nationale et l’intérêt supérieur du peuple congolais. “La question fondamentale, historique et profondément lumumbiste demeure : avec qui dialoguer, de quoi parler et dans quel intérêt ?”
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