Alors que l’épidémie de la maladie à virus Ebola poursuit sa propagation, affectant actuellement 53 zones de santé dans cinq provinces, une grogne a gagné les prestataires engagés au Centre de traitement d’Ebola (CTE) du Cinquantenaire, à Kisangani. Affirmant qu’ils ne sont pas encore rémunérés depuis l’annonce du premier cas dans la province de la Tshopo, ils ont menacé de relâcher les personnes testées positives et prises en charge avant de fermer le site.
Où sont passés les millions de dollars annoncés par des partenaires pour appuyer la République démocratique du Congo dans la riposte contre la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola ? La question n’aurait peut-être pas de raison d’être posée, n’eût été les revendications répétitives de salaire des prestataires.
Après ceux du CTE Elikya de Bunia, en Ituri, épicentre de l’épidémie, qui avaient observé une grève en juillet dernier pour réclamer le paiement de deux mois de prime, les soignants de Kisangani menacent à leur tour de cesser de prester.
Dans une déclaration faite samedi 8 août, médecins, infirmiers et agents de sécurité ont accusé les autorités de les avoir abandonnés après les avoir placés en première ligne de la riposte contre l’épidémie, dont le taux de létalité globale est de 45,5 %.
Ils ont révélé que, depuis leur engagement, ils ne bénéficient pas des frais décaissés pour la riposte.
« Le seul soutien du partenaire Médecins sans frontières (MSF) n’est que le remboursement des transports », ont dénoncé les prestataires du CTE du Cinquantenaire.
Renvoyer les malades et fermer le site
Ils ont menacé de partir, non sans avoir relâché les cinq malades en hospitalisation.
« S’il n’y a pas de solution, nous allons libérer les malades qui sont ici au CTE et fermer le site », ont-ils déclaré.
Selon un constat fait sur place, c’est le service minimum qui est observé ce lundi 10 août dans ce centre de traitement d’Ebola.
Le point de la situation épidémiologique au 7 août fait par l’Institut national de santé publique (INSP) fait état de 4 209 cas confirmés, dont 828 guérisons et 1 916 décès.
Le nombre de patients en isolement ou hospitalisation est de 595.
Dans la province de la Tshopo, neuf cas ont été enregistrés, dont sept autochtones et deux importés.
Les autorités sanitaires affirment poursuivre, dans les provinces touchées, des actions de surveillance, de prévention et de mobilisation communautaire.
Alternance.cd / Provinces26rdc.com
Laisser un commentaire