Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies estime que l’évolution favorable de la situation épidémiologique en Ouganda justifie une révision des restrictions d’entrée imposées par les États-Unis. Pour l’institution panafricaine, les progrès enregistrés dans la lutte contre Ebola démontrent qu’une approche fondée sur les données scientifiques serait plus adaptée que le maintien de mesures généralisées, tout en préservant les impératifs de santé publique.
Dans cette perspective, le directeur général d’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, a adressé le 20 juillet 2026 une lettre au secrétaire américain à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., demandant le retrait de l’Ouganda de la liste des pays soumis à la suspension d’entrée aux États-Unis en raison d’Ebola. Cette mesure, instaurée le 18 mai 2026 puis reconduite le 13 juillet, est jugée inadaptée au regard de l’évolution récente de la situation sanitaire dans le pays.
Africa CDC rappelle que l’Ouganda est officiellement entré, depuis le 16 juillet 2026, dans la période de surveillance de 42 jours recommandée avant la déclaration de la fin d’une épidémie d’Ebola. L’institution souligne qu’aucun nouveau cas confirmé n’a été enregistré depuis le 21 juin 2026. Elle précise également que le dernier patient a quitté le centre de traitement après avoir obtenu deux tests négatifs consécutifs et que les 836 personnes identifiées comme contacts ont achevé leur période de suivi.
L’organisation met également en avant les efforts déployés par les autorités ougandaises pour maintenir un dispositif de riposte actif. Celui-ci couvre 36 districts considérés comme à haut risque ainsi que 38 points d’entrée du pays. Plus de 5 400 voyageurs ont fait l’objet d’un contrôle sanitaire, tandis que les capacités de dépistage, de surveillance communautaire, de prévention des infections, de prise en charge des malades et de communication sur les risques demeurent opérationnelles.
Africa CDC souligne par ailleurs que la coopération entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo s’est renforcée afin de limiter les risques de propagation transfrontalière. Les deux pays collaborent dans la surveillance aux frontières, la recherche des contacts, les investigations des cas suspects, le déploiement de laboratoires mobiles, la prise en charge des patients ainsi que la sensibilisation des populations vivant dans les zones frontalières. L’institution reconnaît toutefois que la poursuite de la transmission d’Ebola dans certaines provinces de la RDC continue de représenter un risque d’importation de nouveaux cas.
L’organisation fait également observer que les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis distinguent déjà les niveaux de risque entre les deux pays dans leurs avis aux voyageurs. Alors que les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu en RDC restent classées au niveau 3, l’Ouganda demeure au niveau 2, correspondant à une recommandation de précautions renforcées. Pour Africa CDC, cette différence d’évaluation devrait aussi être prise en compte dans la politique américaine relative aux restrictions d’entrée.
Dans sa correspondance, Africa CDC demande non seulement la levée immédiate des restrictions visant l’Ouganda, mais aussi leur remplacement par des mesures ciblées telles que le dépistage des voyageurs au départ et à l’arrivée, les déclarations sanitaires, le suivi des personnes exposées et l’orientation rapide des voyageurs présentant des symptômes.
L’institution propose également la tenue d’une réunion technique réunissant le Département américain de la Santé, les CDC américains, le ministère ougandais de la Santé et Africa CDC afin d’examiner les données épidémiologiques les plus récentes. Elle réaffirme enfin sa disponibilité à partager toutes les informations de surveillance nécessaires, estimant que les pays qui détectent rapidement les épidémies, les déclarent avec transparence et mettent en œuvre une riposte efficace devraient être soutenus plutôt que pénalisés.
Opinion Info / Provincs26rdc.com
Laisser un commentaire