Érection de Nkamba en « Ville Sainte », Ejiba recadre Fulgence Muteba

Évariste Ejiba Yamapia est sorti de son silence après de nombreuses critiques suscitées par l’élévation de la cité de Nkamba au rang de « Ville Sainte ». Lors de sa prédication dimanche 19 avril, le président de l’Église du Réveil en République démocratique du Congo, a exprimé son soutien à cette décision du chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Selon l’homme de Dieu, l’acte posé par le président de la République est conforme à la Constitution et aux lois du pays. Considérée par les fidèles comme la « Nouvelle Jérusalem », la Cité de Nkamba, située dans le sud-ouest de la province du Kongo central, à environ 170 kilomètres de Kinshasa, constitue un haut lieu de pèlerinage et occupe une place centrale dans l’histoire religieuse et sociale du pays. Au-delà de sa dimension spirituelle, elle s’impose également comme « un symbole identitaire majeur à l’échelle nationale ».

‎Écoutez, peuple de Dieu ; écoutez, peuple congolais. Dans chaque famille, c’est le père qui donne les noms aux enfants. Dans le cas de la République démocratique du Congo, le père de la nation s’appelle Félix Tshisekedi. Et en tant que père, il peut donner des noms et attribuer des qualités. Donc, lorsque le père de la nation déclare que Nkamba est une « Terre sainte », c’est en fonction de la reconnaissance de cet homme – Kimbangu que tous les Congolais admettent qu’il était un prophète de Dieu, a soutenu Ejiba.

 Un rappel à l’ordre à Mgr Fulgence Muteba 

A ses yeux, certains évêques de l’Église catholique, notamment Mgr Fulgence Muteba, soutiennent qu’il n’existe qu’une seule « Ville Sainte », située à Jérusalem, en Israël. L’archevêque Evariste Ejiba Yamapia rejette cette thèse, qu’il considère comme une lecture réductrice de l’histoire des religions. Une telle position traduit une compréhension limitée des dynamiques spirituelles et historiques propres aux différentes confessions.

Le président de l’ERC estime, en effet, que la notion de « Ville Sainte » peut varier selon les traditions religieuses et leurs fondements doctrinaux, appelant ainsi à une approche plus nuancée et ouverte du débat. « Lorsque le président affirme que Nkamba devient une Ville Sainte, il s’appuie sur la reconnaissance, par de nombreux Congolais, du prophète Simon Kimbangu comme envoyé de Dieu. L’évêque qui a minimisé cette décision se trompe. Soutenir qu’il n’existe qu’une seule terre sainte, à Jérusalem, relève d’une mauvaise compréhension de l’histoire des religions », a-t-il critiqué.

Lorsque les musulmans se rendent à La Mecque, a-t-il fixé, ils la considèrent comme une ville sainte. De même, pour les kimbanguistes, Nkamba revêt ce caractère sacré. Dès lors, si cette cité est reconnue comme telle par ses fidèles, il paraît difficile d’en contester la légitimité. Pour l’archevêque, cette reconnaissance relève à la fois de la foi et de l’histoire religieuse. Et le président dispose, à cet égard, d’une pleine autorité tant sur le plan humain que spirituel.

Lorsque les musulmans vont à La Mecque, ils la considèrent comme une terre sainte. Il en va de même pour les kimbanguistes. Si Nkamba est reconnue comme une ville sainte, on ne saurait en nier la nature. Le président en détient les pleins pouvoirs, aussi bien sur le plan divin que constitutionnel, a expliqué le pasteur.

Dans son sermon prononcé la semaine dernière, l’archevêque de Lubumbashi, Mgr Fulgence Muteba, avait affirmé qu’il n’existe qu’une seule terre sainte au monde, située en Israël, berceau de Jésus-Christ. « La terre sainte est unique : c’est là où a vécu Jésus. J’entends dire aujourd’hui que des terres saintes surgissent de toutes parts », avait ironisé le président de la Commission épiscopale nationale du Congo (CENCO). Cette prise de position lui a valu un recadrage direct du chef des Églises du réveil du Congo.

 

 

Ouragan / Provinces26rdc.com

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