La République démocratique du Congo tient à faire aboutir les négociations engagées avec le FMI pour la conclusion d’un nouvel accord. Pour y arriver, la RDC doit franchir trois étapes majeures, dont celle liée à la restructuration de la Banque centrale du Congo. Se pliant à cette exigence, la Banque centrale vient de publier sur son site Internet ses états financiers pour l’exercice 2019, au terme d’un audit mené par Deloitte International. L’Institut d’émission a donc décidé de s’ouvrir au public. C’est une mine d’informations qui soulèvent des commentaires allant dans tous les sens. Certains – portés plus par la passion que la raison – ont fini par se perdre dans cette forêt des chiffres. Il faut donc éviter le raccourci et lire ses états financiers avec les regards d’un expert averti. Pour ne pas tomber dans l’amalgame.
Dans le cadre des négociations d’un nouvel accord formel avec le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale du Congo (BCC) a finalement ouvert ses comptes au grand public. C’est une mine d’informations que l’on découvre, au terme de l’audit mené par le très célèbre cabinet Deloitte International.
Les états financiers de la Banque centrale permettent ainsi de sonder les profondeurs du compte général du Trésor, logé à l’Institut d’émission.
Malheureusement, la lecture des états financiers de la Banque centrale du Congo est d’une technicité sans commune mesure.
Seuls les initiés aux arcanes des opérations bancaires peuvent en saisir la portée et décrypter le message qui se cache derrière cette montagne des chiffres. S’y hasarder sans expertise avérée, c’est vite tomber dans l’amalgame. Certains qui s’y sont frottés sans se munir de loupes appropriées ont fini par se perdre.
C’est le cas de ce tweet alarmiste de Sonia Rolley, journaliste de RFI, qui s’est apparemment égaré dans la forêt des informations économicofinancières contenues dans les conclusions de l’audit de l’autorité morale de la République démocratique du Congo.
« La BCC a publié ses états financiers 2019 sur son site, une première (exigence FMI). On y découvre toutes sortes de bizarreries comme les sous-comptes créditeurs du compte général du trésor (déficitaire) appui budget UE, sommet francophonie, créances de biens zaïrianisés, … », a repris Sonia Rolley dans son compte twitter.
Evidemment, c’est réellement une grande première en RDC que la Banque Centrale du Congo publie ses états financiers pour l’année 2019 à l’issue de la mission d’audit menée par le cabinet Deloitte international. Cette publication s’inscrit parmi les exigences de transparence du FMI pour que la RD Congo bénéficie d’un programme d’assistance de cette institution de Bretton Woods.
Menées sous l’impulsion du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, et la coordination du Premier Ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, les négociations y relatives ont été réalisées par le ministère des Finances, Sele Yalaghuli.
DES PRÉCISIONS QUI S’IMPOSENT
Il y a cependant lieu de donner quelques précisions. En effet, les états financiers produits par cet audit nécessitent des corrections et la consolidation des acquis pour une gestion orthodoxe de la Banque centrale du Congo, qui reste la caissière de l’Etat.
Des analystes financiers macro-économistes, qui suivent de près les opérations financières de l’Etat, savent pertinemment bien que la situation financière de l’État s’analyse à partir de l’ensemble des ses comptes comprenant :
– Le Compte Général du Trésor dont le solde est structurellement déficitaire; – Le sous-compte dépenses en urgence avec un solde régulièrement déficitaire; – Le sous-compte appui budgétaire avec un solde légèrement créditeur ; – Le sous-compte Bons du trésor avec un solde légèrement créditeur ; – Une cinquantaine de souscomptes avec des soldes légèrement créditeurs.
Prise dans l’ensemble, la situation financière de l’Etat, dénommée en termes techniques « Position nette du Gouvernement », est déficitaire ou débitrice. Il est encourageant de disposer de soldes créditeurs dans certains sous-comptes, pense-t-on, pour consolider éventuellement la stabilité du cadre macro-économique, gage de la relance de l’appareil économique national.
C’est dire que les états financiers de la Banque centrale du Congo doivent être analysés sans détacher un quelconque élément de son ensemble. La logique de la structure tient par la combinaison de ses différentes rubriques.
On ne peut pas non plus comprendre le compte général du Trésor en le détachant de ses sous ensembles, c’està-dire les différents souscomptes ouverts par l’Etat pour des opérations spécifiques et des actions préalablement définies.
Econews /provinces26rdc.net
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