Face aux réserves croissantes soulevées quant au coût et aux risques de la première émission d’Eurobonds de la République démocratique du Congo, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, monte au créneau.
Rejetant toute lecture réductrice focalisée sur le seul taux d’intérêt, l’argentier national défend le choix stratégique d’un endettement commercial orienté vers le développement et la souveraineté financière.
Dépasser la fixation du taux pour évaluer le rendement
Alors que plusieurs analystes et observateurs économiques alerte sur la charge que représente un taux d’emprunt avoisinant les 9 %, Doudou Fwamba refuse que l’opération soit jugée sous ce seul angle. Pour le ministre, la valeur de cet emprunt ne réside pas dans son coût brut, mais dans sa capacité à générer de la richesse pour l’économie congolaise.
Le ministre défend une équation économique simple : si les fonds mobilisés permettent de construire des infrastructures structurantes, de dynamiser le tissu économique local et de dégager des recettes supérieures au coût du capital, le pari est gagnant. L’évaluation de l’Eurobond doit donc se faire à la lumière des dividendes économiques futurs.
Rapidité d’action et crédibilité internationale
Pour justifier le recours aux marchés internationaux plutôt qu’aux circuits traditionnels, l’argentier national met en avant deux arguments majeurs :
• La rapidité de mobilisation : Si les financements concessionnels affichent des taux préférentiels, leurs procédures restent longues et leurs montants plafonnés par rapport aux besoins colossaux du pays. L’Eurobond offre une injection immédiate de liquidités pour accélérer le déploiement de chantiers prioritaires, notamment dans l’énergie et les transports.
• La construction d’un profil financier : En réalisant cette première incursion sur le marché international des capitaux, la RDC pose la première pierre de sa crédibilité financière internationale. Une présence réussie sur ces marchés vise à préparer des conditions de refinancement plus favorables pour les opérations futures.
Une logique distincte du modèle Sicomines
Le ministre des Finances écarte également toute comparaison avec les mécanismes passés, à l’instar des accords Sicomines. Il rappelle qu’il s’agit de deux logiques financières fondamentalement différentes : le modèle Sicomines repose sur un gage direct de ressources minières, tandis que l’Eurobond repose exclusivement sur la signature de l’État congolais et sa capacité propre de remboursement.
Conscient des exigences de gestion qu’impose un endettement à coût commercial, Doudou Fwamba insiste en conclusion sur l’engagement absolu du gouvernement à garantir la traçabilité, la transparence et la redevabilité intégrales dans l’affectation et l’exécution de ces ressources.
Top Congo FM / Provinces26rdc.com
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